Instauré en 1993 par l’ONU afin de juger les auteurs de crimes de guerre commis durant le conflit des Balkans, le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie a connu de nombreux rebondissements, parmi lesquels le suicide mercredi d’un ex-général croate à l’énoncé de sa condamnation.

À l'annonce de sa condamnation mercredi à La Haye, Slobodan Praljak a bu une fiole de poison.
À l'annonce de sa condamnation mercredi à La Haye, Slobodan Praljak a bu une fiole de poison. © AFP / ICTY

Ukne onde de choc a traversé mercredi la salle d’audience du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) situé à la Haye, aux Pays-Bas. À l’annonce de sa condamnation, Slobodan Praljak s’exclame, en parlant de lui à la 3e personne : "Slobodan Praljak n’est pas un criminel de guerre, je rejette ce jugement". Il sort une fiole de sa poche, en avale le contenu et annonce à ses avocats qu’il vient de s’empoisonner. Il est mort à l’hôpital quelques heures plus tard. Dernier coup de théâtre de l'histoire tumultueuse du TPIY.

Morts naturelles ou programmées 

Depuis sa création, le TPIY a vu disparaître nombre de ses accusés. À commencer par Slobodan Milosevic, retrouvé mort le 11 mars 2006 en prison, avant la fin de son procès pour génocide en Bosnie et crimes contre l’humanité au Kosovo et en Croatie. Des médicaments sont retrouvés dans sa cellule, alimentant la rumeur selon laquelle l’ancien président yougoslave aurait été empoisonné. La thèse est officiellement écartée : Milosevic est décédé d’un infarctus du myocarde.

D’autres se sont donné volontairement la mort en prison, à l’image de Milan Babic, ou encore Slavko Dokmanovic. Zeljko Raznatovic lui n’aura pas eu le choix. Ce chef paramilitaire serbe surnommé "Arkan", a été abattu en 2000 dans le hall d’un immeuble de Belgrade peu de temps après son inculpation.

Images marquantes

Parmi ceux qui se sont succédé sur le banc des accusés, certains ont fait preuve d’un sens certain de la mise en scène. Le tribunal se souviendra de la cravate aux couleurs de la Serbie arborée par Milosevic, ou encore de la casquette de Ratko Mladic, lors de sa première comparution. Les insultes adressées à un survivant du massacre de Srebrenica vaudront plus tard au "boucher des Balkans" d'être évacué de l'audience.

Ratko Mladic, ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, devant le tribunal pénal pour l'ex-Yougoslavie, en 2011.
Ratko Mladic, ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, devant le tribunal pénal pour l'ex-Yougoslavie, en 2011. © AFP / VALERIE KUYPERS

Autre coup de théâtre : l’arrestation en 2008 de Florence Hartmann, ancienne porte-parole du TPIY, pour divulgation d’informations confidentielles. 

Au total, sur 154 accusés, le TPIY a prononcé 83 condamnations, dont la perpétuité pour Ratko Mladic et 40 ans d'emprisonnement pour Radovan Karadzic. 

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