Patrick Henry a entamé lundi 14 novembre une grève de la faim dans sa cellule de la centrale de St Maur. Il se plaint de voir une à une ses demandes de remise en liberté rejetées. Il considère payer beaucoup plus lourdement que les autres les crimes et les délits qui l’ont conduit en détention depuis maintenant un total de 34 ans et demi.

Patrick Henry en 2003
Patrick Henry en 2003 © Reuters

Pour avoir enlevé et tué le petit Philippe, un enfant de 7 ans, en 1976, Patrick Henry a échappé de peu à la peine de mort. Les jurés des assises de l’Aube, certainement convaincus par la plaidoirie désormais historique de son avocat Robert Badinter, ont prononcé à son encontre une condamnation à la réclusion à perpétuité.

Au bout de 25 ans de détention, Patrick Henry bénéficiera d’une libération conditionnelle. Mais un an plus tard, en 2001, il sera arrêté pour trafic de cannabis et retournera en détention. Ce dérapage lui coûtera une peine de 4 ans de prison. Mais également, et on le comprend aisément, une suspension de sa mesure de libération conditionnelle et donc, une « reprise » de sa peine de réclusion à perpétuité.

Aujourd’hui, à 58 ans, Patrick Henry a donc effectué l’intégralité de sa peine de 4 ans de prison pour trafic de drogue, mais également 30 ans et demi de réclusion pour le meurtre du petit Philippe. Il estime donc avoir payé ses dettes et mériter une seconde chance de réinsertion. Il en déduit qu’en refusant de lui accorder une seconde chance de réinsertion, la justice lui fait payer, non plus ce qu’il a commis, mais des notions plus éloignées du droit. Patrick Henry resterait en prison parce qu’il s’appelle Patrick Henry et parce que sa première réinsertion ratée a nui à de nombreux autres détenus en attente d’une libération conditionnelle.

Patrick Henry n’a certainement pas tort. L’examen à froid de son dossier conduirait à lui octroyer cette libération conditionnelle. Disons que les raisons qui ont conduit les magistrats à lui accorder sa première libération en 2001 restent aujourd’hui valables puisque Patrick Henry est un détenu sans histoire et qu’il a depuis 2002 payé à la fois son délit de trafic de cannabis et la faute morale d’avoir trahi les magistrats (et la société) qui lui avaient fait confiance.

Et du fond de sa cellule où tous les jours, il refuse le plateau repas que les surveillants lui apportent, Patrick Henry aimerait aujourd’hui être un détenu lambda.

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