Mais qui est donc le policé Mike Pence qui, depuis cet été, accompagne sans varier Donald Trump ? Un professionnel calme, policé, pieux et déterminé. Quoique un peu versatile.

Mike Pence et Donald Trump à New York, le jour du scrutin présidentiel.
Mike Pence et Donald Trump à New York, le jour du scrutin présidentiel. © AFP / MANDEL NGAN

Mike Pence n’est pas un "trumpiste" de la première heure

Dans la course à l’investiture républicaine, le poulain de Pence n’était pas Donald Trump au départ. Pire, le gouverneur de l'Indiana roulait pour Ted Cruz, le candidat qui refusa de reconnaître la désignation du milliardaire, pour lui « totalement amoral ». Alors pourquoi donc Trump a-t-il choisi, en plein été, ce converti de la dernière heure ? « Cet homme est connu pour sa forte personnalité, un style haut en couleur et un grand charisme. J’imagine qu’il voulait équilibrer le ticket », explique Mike Pence. Comprendre : face aux excès verbaux de Donald Trump, le discours maîtrisé et le flegme de Pence, ses racines bien ancrées dans les cercles conservateurs (le mouvement Tea Party notamment), – « un pont vers l’establishment » titrait le New York Times –, devaient permettre au candidat de renouer avec le parti, alors très divisé.

Mike Pence ou le zèle des (double) convertis

A 57 ans, le vice-président des États-Unis ne peut pas précisément revendiquer la linéarité de son parcours. Parti démocrate, il est élu républicain. Baptisé catholique, il prie désormais avec les évangélistes. Aujourd'hui, il aime à se décrire comme « un chrétien, un conservateur, un républicain, dans cet ordre ».

Deux évolutions parallèles, au sortir de ses études supérieures, pour ce fils d’une famille d’origine irlandaise, qui a même songé, avant sa conversion, à devenir prêtre. Saisi par la foi, il dit avoir cherché à se rapprocher de Dieu, à creuser sa relation personnelle avec le Très-Haut. Un chemin sur lequel sa femme, Karen, l’a accompagné sans relâche, au grand dam de sa mère, Nancy.

C'est peut-être parce que j'ai grandi dans une grande famille catholique irlandaise, comme lui.

Il a grandi en admirant John F. Kennedy, et le justifie :

Je pense [que Donald Trump] est connecté aux Américains de la rue comme personne depuis Ronald Reagan.

Pence insistait cet automne sur « la proximité fondamentale entre les deux hommes », ancrés dans leur « honnêteté et leur robustesse ».

S’il a voté pour Jimmy Carter en 1980, il a rapidement tourné autour de Ronald Reagan. Pour son côté « self-made-man », pour son rapport au peuple… Et c’est d’ailleurs à l’ancien président républicain qu’il fait référence lorsqu’il parle de Trump.

Mike Pence a toujours aimé les médias (conservateurs)

Dans les années 1990, Pence anime un show radio (puis télé) local, qui deviendra son laboratoire politique. Face aux auditeurs/téléspectateurs à qui il ouvre son antenne tous les vendredis dans son Open Phone Friday, il peut éprouver son discours. Sur l’adultère (c’est mal), sur (les frasques de) Bill Clinton, sur les (injustement décriés) 500 Miles d’Indianapolis… un véritable café du commerce, qui migre à la télévision en 1995. Ajoutez à cela l’organisation de dîners privilégiés avec des personnalités locales, une esquisse de think tank conservateur, et le décor est posé : si l’audience de Pence n’a jamais dépassé l’Indiana, elle a sans doute contribué à l’installer dans le fauteuil de gouverneur de l’État.

L'Indy Star révèle en 2015 que le gouverneur Pence a tenté de lancer une agence d'information financée par l'État d'Indiana. L'idée : proposer des articles prêts à l'emploi aux médias régionaux et des informations chaudes sur son administration. Au-délà du tollé suscité par le projet JustIN, Pence a vu comparer sa Pravda des Plaines – c'est ainsi que ses détracteurs l'avaient renommée – à celles de la Corée du Nord ou de la Chine. En une semaine, le projet était enterré.

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