[scald=222743:sdl_editor_representation]STRASBOURG (Reuters) - Trois médecins ont été interpellés à Metz pour leur rôle présumé dans un trafic à grande échelle de Subutex et de Skenan, deux substituts à l'héroïne dont le second est classé comme produit stupéfiant, a-t-on appris jeudi auprès du procureur de Metz.

L'affaire remonte à avril 2012 quand quatre toxicomanes messins ont été condamnés pour trafic de produits de substitution, entraînant l'ouverture d'une enquête sur leurs sources d'approvisionnement.

"Il s'agit de médecins auprès desquels ils se procuraient des produits de substitution dans des quantités anormalement élevées et contraires au règlement", a dit à Reuters le procureur de Metz, Pierre-Yves Couilleau.

"On ne peut se voir délivrer que 96 boites par an de Subutex 8 mg pour le traitement de substitution d'un toxicomane, or 96 boîtes ont pu devenir, sur une année, pour l'un, 800 ou 1.000 boîtes, pour l'autre sur deux ans, 1.600 boîtes", a-t-il précisé.

Certains clients se présentaient chez leur généraliste munis de dix cartes Vitale et obtenaient une prescription pour chacune d'entre elle.

L'ampleur du trafic est en cours d'évaluation, mais l'enquête a montré que du Subutex en provenance de Metz s'était écoulé à Marseille ou en Allemagne.

En ne ciblant que les patients s'étant fait délivrer au moins 200 boîtes de Subutex dans l'année pour que le dossier reste "gérable" et en se limitant à une période de deux ans, "on trouve des dizaines de personnes", souligne Pierre-Yves Couilleau.

Le préjudice de la Caisse primaire d'assurance maladie était estimé à 162.000 euros il y a un an, au moment de la condamnation des quatre toxicomanes.

"Ce sont des pratiques totalement dérogatoires au droit", estime le procureur, sans préjuger des réponses qu'apporteront les généralistes.

Ils pourraient être présentés vendredi à un juge d'instruction en vue de leur mise en examen.

Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse

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