Hier, Erdogan a de nouveau évoqué un possible rétablissement de la peine de mort. Rétablissement qui enterrerait définitivement les négociations avec l'Union Européenne.

Des centaines de milliers de turcs ont manifesté le dimanche 7 août à Istanbul, "pour la démocratie". Une démonstration de force pour le président Recep Tayyip Erdogan.
Des centaines de milliers de turcs ont manifesté le dimanche 7 août à Istanbul, "pour la démocratie". Une démonstration de force pour le président Recep Tayyip Erdogan. © AFP / Ozan Kose

Trois semaines après la tentative ratée de putsh, des centaines de milliers de turcs ont manifesté hier à Istanbul. Un rassemblement organisé par l'AKP (le parti de la justice et du développement), le parti du président Recep Tayyip Erdogan. Mais auquel ont également participé les principaux partis d'opposition, à l'exception du HDP, le parti pro kurde proche du PKK (le parti des travailleurs du kurdistan). Une manifestation retransmise sur des écrans géants à travers toute la Turquie, réelle démonstration de force pour Erdogan. Le président turc qui a pris la parole à la fin du rassemblement, évoquant une nouvelle fois un possible rétablissement de la peine de mort.

"Si le peuple veut la peine de mort, les partis suivront sa volonté"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, pendant la manifestation du 7 août à Istanbul
Le président turc Recep Tayyip Erdogan, pendant la manifestation du 7 août à Istanbul © AFP / Ozan Kose

Le rétablissement de la peine de mort sonnerait le glas des négociations avec l'Europe

En Turquie, la peine de mort a été abolie en 2004, dans le cadre de la candidature à l'entrée dans l'Union européenne. Son rétablissement sonnerait donc le glas des négociations, déjà très compromises, sur l"adhésion. Une menace qui ne semble pas affecter le président turc. Recep Tayyip Erdogan reproche aux dirigeants européens un manque d'empathie et de soutien dans une interview accordée à nos confrères du Monde.

"Les occidentaux ont laissé les Turcs seuls"

Les précisions à Bruxelles de Laxmi Lota

Recep Tayyip Erdogan se cherche aujourd'hui de nouveaux alliés, la Russie en tête. Mardi 9 août, il se rendra à Saint-Pétersbourg, pour rencontrer Vladimir Poutine, premier dirigeant à avoir condamner, sans états d'âme, la tentative de putsch. Une alliance fragile. Les deux pays étaient en froid depuis la destruction en novembre d'un avion de combat russe par un avion de chasse turc. La Russie est également l'allié le plus puissant du président Bachar al-Assad en Syrie, ennemi juré de Recep Tayyip Erdogan.

Une purge implacable

Depuis le coup d'état raté d'une partie de l'armée, dans la nuit du 15 au 16 juillet, 12 mille personnes ont été interpellées et 60 mille autres ont été mises à pied. Une purge implacable qui concerne en premier lieu les partisans du prédicateur en exil Fethullah Gülen, accusé par le régime d'avoir organisé le putsch. Les militaires ne sont pas les seuls inquiétés. De très nombreux magistrats, enseignants, journalistes ont également été emprisonnés ou limogés.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.