PARIS, 4 décembre (Reuters) - Le groupe formé par François Fillon à l'Assemblée nationale s'est officiellement doté mardi d'un temps de parole, entérinant la rupture entre l'ancien Premier ministre et Jean-François Copé même si les négociations se poursuivent.

Les deux hommes, qui tentent de trouver un compromis sur les modalités d'un nouveau vote pour la présidence de l'UMP, doivent se rencontrer en fin d'après-midi, après deux entretiens lundi, dans le bureau de l'ancien Premier ministre à l'Assemblée. Aucun détail sur leurs discussions n'a filtré.

Si les deux hommes s'accordent désormais sur la nécessité d'un nouveau vote, leurs positions paraissent irréconciliables sur le calendrier. Le président proclamé de l'UMP propose de remettre son mandat en jeu après les municipales de 2014, alors que François Fillon juge cette échéance trop lointaine.

Alors que la journée de mardi, qui officialise le Rassemblement UMP (R-UMP) de François Fillon, était présentée comme une échéance indépassable par de nombreux commentateurs, aucune date butoir n'a été fixée, dit-on désormais dans l'entourage des deux hommes. Lundi, l'un des porte-parole de François Fillon, Jérôme Chartier, n'excluait d'ailleurs pas que l'échange puisse se poursuivre "dans les jours à venir".

"La volonté de Nicolas Sarkozy, c'est que les deux hommes puissent se parler", dit-on dans l'entourage de l'ancien chef de l'Etat qui a enjoint vendredi aux deux adversaires de sortir de l'impasse dans les meilleurs délais. "Il faut que les choses avancent", ajoute-t-on, soulignant qu'il n'a jamais été question d'un ultimatum.

François Fillon, qui considère le "R-UMP" comme un outil de pression transitoire, s'est rendu comme prévu mardi matin à la conférence des présidents à l'Assemblée nationale, qui rassemble autour du président de l'Assemblée les présidents et vice-présidents de groupe ainsi que les présidents des commissions.

Nasser Madji était à l'Assemblée nationale

Le député de Paris a présenté son groupe au cours de cette conférence qui a duré environ une demi-heure. À sa sortie, il a évité les journalistes.

On crée un groupe pour convenances politiciennes

Bruno Le Roux, président du groupe socialiste de l'Assemblée nationale, a dit voir dans la création du groupe "R-UMP" une "manipulation des institutions". "On se sert du règlement de notre Assemblée pour exporter ici la bataille entre deux factions politiques qui n'arrivent pas aujourd'hui à s'entendre. Il y a là un dévoiement de nos institutions", a-t-il dit à l'issue de cette réunion.

Bruno Leroux répond à Hanaïg Haute

Deux questions au gouvernement

Le groupe "R-UMP" aura droit dès mercredi à deux questions lors de la séance de questions au gouvernement, au détriment du groupe UMP qui passe ainsi de six à quatre questions. Les députés de ce nouveau groupe resteront à leur place dans l'hémicycle.

En fin de matinée, les groupes "R-UMP" et UMP se sont réunis chacun de leur côté. Les députés qui se présentent comme "non alignés", menés par Bruno Le Maire et Nathalie Kosciusko-Morizet, et qui craignent un accord sans consultation de la base, doivent quant à eux se réunir à l'Assemblée.

"Il faut faire attention à ce que cette crise ne se résolve pas, comme on en a eu l'habitude par le passé, par un petit arrangement entre amis", a déclaré l'ancien ministre de l'Agriculture sur France Info. "C'est-à-dire qu'on fait comme si les militants n'existaient pas, comme si les élus n'existaientpas, comme si les députés n'existaient pas et on trouve un accord entre soi, entre chapeaux à plumes."

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