Le Président Fraçois Hollande (-4 pts), et plus encore le Premier ministre Jean-Marc Ayrault (-7 pts) chutent lourdement alors que leurs niveaux s’étaient relativement stabilisés depuis septembre (« seulement » -2 et -5 points en trois mois).

L’affaire Florange est passée par là : si l’exécutif souffre, Arnaud Montebourg, au début désavoué par l’opinion, en est devenu le grand vainqueur. Il gagne 5 points auprès des Français et 6 auprès des sympathisants de gauche pour devenir leur personnalité politique préférée, juste devant Manuel Valls.

Jean-Luc Mélenchon est l’autre bénéficiaire collatéral de l’affaire Florange. Il gagne lui aussi 6 points auprès des sympathisants de gauche, tandis que son parti gagne 2 points d’image ce mois-ci. Inversement, le PS, lui, ne va pas mieux, Harlem Désir encore en baisse de 2 points est antépénultième sur notre baromètre, tandis que son parti chute de 5 points en un mois, soit une baisse presque aussi forte que celle de l’UMP (-6 points) pourtant soumise à une actualité autrement plus psychodramatique.

Le gouvernement jugé inefficace dans le dossier Florange

Gaël Sliman, directeur général adjoint de BVA Opinion

C’est que Florange, alors même que les emplois ont été sauvegardés, plombe l’exécutif sur le double critère de l’efficacité et de la justice : les Français sont encore plus nombreux que le mois dernier à ne pas juger efficace (74%, soit 5 points de hausse des réponses négatives) ni juste (57%, soit 2 points de hausse) la politique « menée par François Hollande et le gouvernement ».Il n’est pas sûr du tout que les mesures annoncées sur la pauvreté puissent rattraper cette image, plus particulièrement auprès des catégories populaires. Une courte majorité de Français (50% contre 46%) estime ainsi que le gouvernement « a tort d’augmenter le RSA car il ferait mieux d’aider en priorité les Français qui travaillent plutôt que ceux qui ne travaillent pas ». Les premiers concernés, les ouvriers et les Français disposant des plus bas revenus (le premier quartile INSEE) sont ainsi une large majorité de, respectivement, 68% et 58% à le penser. Même les sympathisants de gauche, évidemment majoritairement favorables à cette mesure, sont tout de même près d’un quart à ne pas être d’accord avec cette mesure. Cibler les travailleurs pauvres – 2 millions de personnes en France – eut été sans doute plus avisé pour envoyer un signal positif vers les catégories populaires.

Jean-François Copé, victime de la guerre à l'UMP

Mais ces baisses à gauche (PR, PM, PS, etc.) ne sont pourtant rien, à côté de celle de Jean-François Copé. Le désaveu frappant l’actuel président de l’UMP devient franchement exceptionnel ! Dernier de notre cote d’influence des personnalités politiques avec seulement 16%, il chute de 11 points auprès des Français mais surtout dégringole de 29 points auprès des sympathisants de droite. Il devient dernier sur le palmarès des personnalités de droite préférées des sympathisants de droite, 10 points derrière Marine le Pen, et 34 points derrière son rival, François Fillon. L’ex-Premier ministre est pourtant lui aussi sanctionné par les Français comme les sympathisants de droite pour le spectacle offert depuis trois semaines. Fillon perd 6 points auprès des Français et 10 auprès des sympathisants de droite. Il abandonne du coup la première place dans leur coeur à Juppé et Sarkozy. Mais si sa stratégie était d’entraîner Copé dans sa chute, quitte à lui-même y laisser quelques « plumes », elle est pleinement réussie : l’un est tout de même la troisième personnalité politique préférée des sympathisants de droite avec 62% de cote d’influence, l’autre est dernier avec 28% … Le refus prolongé de Copé d’effectuer un revote dans des délais raisonnables semble effectivement le bunkeriser. Alors que les Français et surtout les sympathisants de droite renvoyaient largement dos à dos les deux protagonistes au début de ce drame (le 23 novembre, juste après le vote, une majorité jugeait qu’ils étaient tous les deux autant responsables), ils sont désormais formels : C’est JF. Copé le principal responsable de la crise qui secoue actuellement l’UMP. 52% des Français et 47% des sympathisants de droite l’affirment, alors qu’ils ne sont respectivement que 9% et 12% à le reprocher à Fillon. La solution qui semble cette fois bien dessinée (l’enquête a été réalisée avant) d’un re-vote en septembre 2013 et que Copé aurait accepté, permettra peut-être à l’actuel Président de l’UMP de retrouver des niveaux de popularité moins catastrophiques. Notre baromètre de janvier nous le dira.

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