Une nouvelle élection à la direction de l'UMP aura lieu au plus tard avant la reprise de la session parlementaire ordinaire d'octobre 2013 et sera précédée d'une campagne électorale, qui devra se dérouler dans l'intersession.

La sixième aura donc été la bonne. Après une nouvelle réunion supendue puis reprise, les deux hommes forts du principal parti de l'opposition sont tombés d'accord.

Parmi les points mentionnés par les deux camps, un nouveau vote devrait avoir lieu en septembre 2013, une Haute autorité d'organisation du scrutin devrait être crée pour encadrer le scrutin, de nouveaux statuts devraient être rédigés par un comité dédié.

Reportage à l'Assemblée nationale de Carine Becard avec les députés UMP

D'ici là, l'UMP doit être dirigée de manière collégiale. Copé reste président mais il sera entouré de Fillonistes. Pendant la campagne officielle, si bien entendu, il se présente, Copé devra se mettre en réserve de la présidence. Il conservera pourtant son titre de président jusqu'au jour du vote.

Le R-UMP, le parti dissident créé par Fillon doit disparaître. En revanche, pour des questions de salaires des permanents, il finira son premier et unique mois d'existence.

L'ancien Premier ministre François Fillon a confié aux députés de son groupe parlementaire R-UMP qu'il déciderait "en juin" s'il est ou non à nouveau candidat à la présidence de l'UMP lors du scrutin de septembre 2013, selon plusieurs d'entre eux.

Je n'ai pris aucune décision définitive quant à une nouvelle candidature. Je ne me défilerai pas si en juin (elle) est nécessaire et utile. Nous en parlerons ensemble.

François Fillon était sur France 2 hier soir. Il a rappelé qu'il n'avait pas encore pris de décision.

Le député de Paris avait déjà laissé entendre la semaine dernière qu'il ne serait probablement pas candidat.

Prudence après des semaines de bataille

Personne ne se fait d'illusions : les séquelles de la guerre Fillon / Copé seront lourdes. D'autant plus que François Fillon laisse planer le doute sur sa candidature. Du coup, c'est la prudence qui domine au sein du parti.

Les précisions de Nasser Madji.

L'ancien Premier ministre reconnait de son côté que même s'il a été "blessé" pendant cette période difficile pour le parti, il ne regrette pas "d'avoir mené le combat".

Les réactions à droite

__

La réaction du député UMP de Paris, Pierre Lelloouche, interrogé par Patrick Boyer

L'opposition de droite a poussé mardi un soupir de soulagement. Les deux groupes UMP et R-UMP se sont réunis séparément mardi matin mais ont voulu afficher leur réconciliation en multipliant à la sortie poignées de main et salutations.

Jean-François Copé estime que "la page est tournée" et que les conditions sont là pour "trouver le chemin du collectif". "Nous nous sommes retrouvés, mis d'accord et serré la main et je crois que c'était la plus belle des choses après ces trois semaines vraiment de cauchemar, il n'y a pas d'autre mot", a-t-il dit.

Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Christian Jacob, partisan de Jean-François Copé, a minimisé la possibilité d'une reprise des affrontements.

"Le risque existe bien évidemment mais je pense que le risque peut être battu en brèche par à la fois la solidité et l'équilibre de l'accord qu'ils ont trouvé", a-t-il dit, même s'il a ajouté qu'il faudrait "redoubler d'attention". Les ténors de l'UMP sont cependant loin de penser que tout est réglé après un mois d'une crise aussi médiatisée. Pour Benoist Apparu :

Les choses ne seront pas faciles parce qu'effectivement on ne balaie pas comme ça d'un trait de plume sous prétexte qu'il y a deux signatures au bas d'une page un mois de crise, un mois de tensions particulièrement lourdes. Ça va être difficile de reconstruire, raison pour laquelle si on pouvait éviter de se poser la question des ambitions personnelles tout de suite, si on pouvait éviter de penser à l'élection tout de suite, ce serait pas plus mal.

Or, la présidentielle de 2017 est déjà dans toutes les têtes, comme le prouve l'ouverture, dans l'accord conclu, du chantier de la réforme des statuts et du fonctionnement interne du parti créé en 2002 sous l'impulsion de Jacques Chirac.

Un "comité de rédaction des statuts" en sera chargé et s'attellera à la définition de règles pour l'organisation de primaires pour la présidentielle.

L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui a été le dernier médiateur en date, n'a pas caché qu'un long travail de réparation serait nécessaire pour restaurer l'unité du parti. Le député UMP Hervé Mariton, qui se dit "non engagé", craint le retour de la guerre des ego. "Ça ne veut pas dire que le choc des ambitions ne se renouvellera pas, mais ça veut dire en toutcas que la maison n'est pas brisée, que rien d'irréversible n'aura été accompli", a-t-il expliqué à Reuters.

La présidente du Front national, Marine Le Pen, qui espère tirer profit des affrontements à l'UMP, estime d'ailleurs que l'accord conclu constitue "la pire des solutions".

Le compromis intervenu "va laisser perdurer pendant des mois une direction qui n'en est pas une, qui va relancer une campagne interne pendant l'été avec tous les dangers que l'on connaît enmatière de tensions", a-t-elle dit lors d'une visite du marché de Noël des Champs Elysées, à Paris. Pour Marine Le Pen, cette "guerre larvée" va atteindre "une pression supplémentaire lors des investitures des municipales" de 2014 et pendant tous ces mois, l'UMP "ne servira strictementà rien" puisqu'elle continuera à "se regarder le nombril."

> Dossier spécial : la bataille des chefs à l'UMP

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.