Sarkozy/Berlusconi . Dos à dos, côte à côte, face à face. Des livres et des essais ont noirci des pages et des pages sur la question.

Najat Vallaud-Belkacem , la porte parole de François Hollande n'est pas la première à comparer les deux hommes, mais sa déclaration au coeur de la campagne électorale est perçue dans les rangs de l'UMP comme une provocation.

Pourtant, on peut reconnaitre à Silvio Berlusconi , en dépit des affaires judiciaires et ses frasques privées, une réelle capacité à conduire des campagnes électorales, même dans des périodes où sa cause semblait définitivement perdue.

Mais au fond, le problème dépasse largement le champ des deux hommes.

Ces dernières années dans la Péninsule, chaque élection n'était qu'un référendum autour de la personne de Silvio Berlusconi. Serions nous engagés dans cette direction ? Et si la présidentielle française se résumait à un Pour ou Contre Nicolas Sarkozy ?

D'autant que les positions se radicalisent autour de sa figure politique ! La majorité de droite n'hésite pas à dénoncer l'antisarkozysme primaire de la gauche, Jean-François Coppé sous entend qu'une majorité de journalistes sont contre le Président Candidat .

Dans les autres partis en lice, on affirme que Nicolas Sarkozy bénéficie d'un traitement de faveur médiatique .

Ces points de frictions se posaient dans les mêmes termes en Italie. Berlusconi critiquait la presse de gauche qui disposait de tous les relais d'opinion, et le Parti Démocrate fustigeait la mainmise de l'empereur des médias sur toutes les télévisions.

L'anti-Berlusconi a toujours servi l'homme d'affaires milanais. L'anti-Sarkozysme produirait-il les mêmes effets ? D'autant que le fonctionnement médiatique en période électorale rend hystérique toutes les bases militantes qui se sentent défavorisées.

C'est aussi un système à l'américaine. On dénigre le prochain. On attaque, on le discrédite. On ne porte pas un projet, on dit qu'on est pragmatique, qu'on est avec le peuple et que les autres candidats n'aiment pas leur pays, chacun se revendique le candidat des gens, et l'autre est traité de menteur. Le débat public se dégrade

En 2008,Walter Veltroni ne voulait pas citer le nom de Silvio Berlusconi dans sa campagne. En 2012, François Hollande a fait de même dans son meeting au Bourget. Pas une fois, le nom de Nicolas Sarkozy ne fut prononcé. Mais aucun des deux leaders de gauche n' a pu tenir cette posture sur la durée.

En 2012, l'UMP critique le projet socialiste qui change tous les jours et dénonce un programme irréaliste.

En 2008, Silvio Berlusconi dispensait ses troupes de lire le projet du centre gauche italien qui ne pourrait jamais s'appliquer. Il joignait le geste à la parole en le déchirant.

En France, nous n'en sommes pas là.

Evidemment

Mais une multitude de signaux identiques peuvent nourrir une réflexion. Dans la Péninsule, la gauche de la gauche et le Parti Radical dénoncent les affaires de corruption et accusent des élus de collusion avec la Mafia.

En France, Eva Joly, Arnaud Montebourg portent un combat de même nature. Des deux cotés des Alpes, ils ont peu de prises sur l'opinion et cette cause n'est guère médiatisée.

Et puis... Silvio Berlusconi fustige les manifestants de gauche qui portent la haine dans la rue. Il rebaptise sa formation politique parti de l'amour en opposition à la méchanceté des communistes qui sont aigris et sans humour .

Après les huées basques,la droite sarkozyste a aussi parlé de la "haine" des militants socialistes.

Même constat sur la fiscalité : aux yeux de Silvio Berlusconi , la gauche mène une politique contre les entreprises et les familles. Charges sociales, impôts, les communistes raflent tout. En face, le centre gauche voit des cadeaux fiscaux et une incitation à l'évasion fiscale.

Et au final, la question posée au citoyen électeur se résumerait à la forme la plus simple qui soit. Pour ou contre Silvio Berlusconi ? Pour ou contre Nicolas Sarkozy ?

Ou existerait-il une formulation différente ?

Des projets, des idées, il y en aurait. Mais elles sont lancées comme des effets d'annonce, comme des slogans qui suivraient le sens du vent. Qu'importe ce qu'on en fera, une fois la brise de l'élection passée. Ce sont des ballons d'essai gonflés à l'hélium.

Stéphane Fouks d'Euro RSCG (dépassons le cynisme des communicants ) affirmait dans l'émission "Les Jeunes Dans La Présidentielle " que "les politiques qui répondent à la demande pour formaliser l' offre sont des incompétents. C'est l'offre qui doit porter le projet"

Or, le projet porteur est, pour l'heure, le grand absent d'une campagne électorale sans soufffle.

Mais ce constat ne sous entend pas que la France soit essoufflée.

Plus que jamais, un pays ne se résume pas à ses gouvernants, et encore moins à ceux qui prétendent vouloir le gouverner.

A l'électeur en son âme et conscience de poser la question qui guidera son choix !

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