L'hommage aux victimes de Merah à Montauban
L'hommage aux victimes de Merah à Montauban © Maxppp / Chantal Longo

Après Toulouse, c'est Montauban qui a rendu hommage aux victimes de Mohamed Merah, avec une cérémonie non loin du lieu où trois soldats ont été pris pour cibles, il y a un an, par le "tueur au scooter". Deux d'entre eux avaient trouvé la mort.

Dénonçant un "lâche assassinat", le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a remis la Légion d'honneur à titre posthume au caporal-chef Abel Chennouf et au caporal Mohamed Legouad, soldats du 17e régiment de génie parachutiste (RGP) de Montauban (Tarn-et-Garonne).

Reportage à Montauban de Frédéric Bourgade.

Grièvement blessé ce jour-là, le caporal-chef Loïc Liber est toujours hospitalisé à l'hôpital interarmées de Percy, en région parisienne. Jean-Yves Le Drian lui a remis la médaille militaire au début du mois.Le 15 mars 2012, les trois parachutistes se trouvaient devant un distributeur de billets non loin de leur caserne, dans le centre de Montauban, lorsque Mohamed Merah a ouvert le feu. Se réclamant d'Al Qaïda, le jeune Toulousain a tué au total sept personnes en mars 2012: un militaire à Toulouse, deux autres à Montauban et un professeur et trois élèves d'une école juive toulousaine. Il a ensuite été abattu par la police au terme d'un long siège de son domicile. "La mort fait partie de l'horizon de nos soldats, ils savent la regarder en face parce qu'elle fait partie de leur engagement", a déclaré Jean-Yves Le Drian au cours d'un discours adressé au régiment montalbanais. "Mais cette mort-là, que vos camarades ont trouvée, ils n'étaient pas préparés à sa lâcheté, à sa cruauté. Personne n'y était préparé."

"Mon rayon de soleil"

Face à deux portraits d'Abel Chennouf et Mohamed Legouad, leurs familles ont assisté à la remise des insignes de chevaliers de la Légion d'honneur par le ministre de la Défense. "Mon fils a embrassé une carrière à l'armée pour mourir avec les armes à la main et pas pour être abattu par derrière comme un chien. Je n'oublierai jamais mon rayon de soleil", a déclaré Djemaa Legouad, mère de Mohamed Legouad. Albert Chennouf, père d'Abel Chennouf, a lui aussi regretté que son fils ne soit pas mort au combat mais assassiné. "Le soldat, son métier c'est de défendre la nation, sa patrie. La pire insulte qu'on fait à un soldat, c'est de ne pas lui permettre de regarder son adversaire, son ennemi. Et Mohamed Merah leur a enlevé cet honneur", a-t-il déclaré. "Je m'attendais à ce qu'il meure en Afghanistan, il est mort à la maison, chez lui, devant ses camarades." Cette cérémonie intervient quatre jours après l'hommage rendu à Toulouse à l'adjudant Imad Ibn Ziaten, première victime de Mohamed Merah et lui aussi décoré lundi de la Légion d'honneur à titre posthume. Une marche blanche se déroulera dimanche matin dans la "Ville rose" en mémoire de toutes les victimes du tueur. En fin de matinée dimanche, François Hollande devrait prendre part à une cérémonie devant l'hôtel de ville. Un autre hommage est prévu à l'Espace du judaïsme toulousain mardi, jour anniversaire de l'assassinat de quatre personnes dans l'école juïve Ozar Hatorah de Toulouse. Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a réaffirmé début mars que des "fautes" avaient été commises par les services de renseignement français lors de l'affaire.Dans un rapport publié en octobre dernier, l'inspection générale de la police a relevé des "défaillances objectives", en particulier de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), sur la dangerosité de Mohamed Merah.Une enquête en cours doit déterminer si Mohamed Merah a bénéficié de complicités. L'un de ses frères, Abdelkader Merah, a été mis en examen pour complicité d'assassinats et incarcéré. Son avocat a demandé sa remise en liberté.

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