Me Olivier Morice :

Je vais demander la réouverture du dossier Boulin.

Olivier Morice - Boulin
Olivier Morice - Boulin © Benoît Collombat/RF

L’avocat de Fabienne Boulin, Me Olivier Morice estime que tous ces éléments « sont de nature à faire rouvrir le dossier Boulin. »

Il va effectuer une démarche en ce sens « dans les prochains jours » auprès du Procureur général près la Cour d’appel de Paris. « Il s’agit, non pas d’un suicide, mais d’un assassinat politique », estime l’avocat de Fabienne Boulin.

Ecoutez Me Olivier Morice

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Parmi les éléments nouveaux que nous révélons, Olivier Morice revient notamment sur la décision de la CIA de ne pas « déclassifier » le dossier Boulin, 30 ans après.

« Si Robert Boulin s’est suicidé, pour quelle raison la CIA détiendrait des documents compromettants pour les autorités françaises de l’époque ? » « Il faudrait aussi en France que l’on obtienne la déclassification de tous les documents en relation avec la mort de Robert Boulin.»

Me Olivier Morice

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témoignage inédit

Bernard Rumegoux :

Pour moi, Boulin a été assomé.

Jusqu’ici, l’homme n’était encore jamais apparu en pleine lumière dans l’affaire Boulin . Son témoignage est pourtant capital. En 2007, nous l’avions rencontré et rapporté ses propos, mais de façon anonyme (« Un homme à abattre », p. 192-194). 30 ans après la mort de Robert Boulin, Bernard Rumégoux accepte de dévoiler son identité et de livrer en pleine lumière ce qu’il sait…

L’homme est un habitué des salles d’autopsie. Il a travaillé pendant près de vingt ans (de 1979 à 1995), à l’Institut médico-légal de Bordeaux , avant de quitter le milieu hospitalier. « Agent d’amphithéâtre », puis selon la nouvelle dénomination administrative, « agent des services mortuaires et de désinfection », il assistait les médecins pratiquant des autopsies en milieu hospitalier, et dit avoir participé dans sa carrière à plus de 20 000 autopsies.

Le 13 novembre 1983, Bernard Rumégoux était aux côtés des médecins qui ont procédé à une deuxième autopsie de Robert Boulin, après exhumation du corps. Il a extrait le corps de Robert Boulin de son cercueil, l’a transporté dans la salle d’autopsie de l’hôpital Pellegrin de Bordeaux, puis assisté à l’examen externe du corps, au cours duquel on recherche systématiquement d’éventuels lésions ou hématomes.

Ce jour là, Bernard Rumégoux se souvient parfaitement avoir remarqué « un hématome derrière le crâne » correspondant à « un coup » ainsi qu’une « coupure au poignet » qu’il identifie comme « des liens très serrés ».« Pour moi, dit-il, [Robert Boulin] a été assommé. »

Bernard Rumégoux

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Pourtant, ni cet hématome derrière le crâne, ni la coupure au poignet ne figurent sur le deuxième rapport d’autopsie. Bernard Rumégoux se dit prêt à témoigner devant la justice.

> Voir une photo du corps de Robert Boulin sorti de l’étang Rompu.

Où l'on distingue très nettement une coupure au poignet droit décrite par Bernard Rumégoux, mais dont on ne retrouve aucune trace dans les rapports d’autopsie.

> Voir le premier rapport d’autopsie de Robert Boulin, le 30 octobre 1979.

Où l’on découvre que « l’examen du crâne n’est pas effectué sur directives de Monsieur le Procureur de la République » Le chef de cabinet de Robert Boulin avait alors –indument– prétendu que la famille Boulin ne souhaitait pas qu’on touche au crâne du ministre.

> Voir la conclusion du deuxième rapport d’autopsie de Robert Boulin.

Où l’on découvre que la première autopsie ne prouvait pas scientifiquement la noyade et qu’il y a eu « traumatisme appuyé du massif facial du vivant de Robert Boulin. »

témoignage inédit

Jean Charbonnel :

Alexandre Sanguinetti m'a dit :

" C’est un assassinat "

Jean Charbonnel fait partie des derniers grands témoins du gaullisme.

Secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, chargé de la Coopération sous de Gaulle (1966-1967), ministre du Développement industriel et scientifique sous Pompidou (1972-1974), cet ancien député-maire de Brive-la-Gaillarde (de 1966 à 1995) a notamment été conseiller à la Cour des Comptes (1962), secrétaire général-adjoint de l’UDR (1968-1971) et président de la Commission des finances de l’Assemblée nationale (1971-1972).

Ce « gaulliste de gauche » a notamment joué un rôle clé pour tenter de dénouer le conflit dans l’entreprise horlogère « Lip » en 1973-1974.

Jean Charbonnel révèle que fin 1979 Alexandre Sanguinetti, ex-secrétaire général de l’UDR (1973-1974), co-fondateur du SAC (Service d’action civique), chargé de la lutte anti-OAS au cabinet de Roger Frey pendant la guerre d’Algérie, lui affirme que la mort de Boulin est « un assassinat ».

Sanguinetti lui cite alors « deux noms de personnalités politiques toujours vivantes » qui pouvaient, d’après lui, être « impliqués dans cette affaire » et le nom « d’une organisation » pour qui « Robert Boulin constituait une menace , une gêne, une inquiétude. »

Jean Charbonnel

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Jean Charbonnel raconte dans quelle circonstance il a vu Robert Boulin pour la dernière fois, « trois semaines » avant sa mort. « Il faudra qu’on se revoie… » lui lance alors celui qui est pressenti pour succéder à Raymond Barre.

Jean Charbonnel

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Jean Charbonnel estime aujourd’hui « qu’il n’a « plus de doute : Robert Boulin a été assassiné », évoquant « un règlement de compte politique. »

Jean Charbonnel

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Jean Charbonnel explique de quelle façon il a connu pour la première fois Robert Boulin (représentant de « la tendance sociale, centre-gauche, du gaullisme ») en 1961, à l’occasion de la préparation d’un texte de loi pour lutter contre la pollution de l’atmosphère.

Jean Charbonnel

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Jean Charbonnel se dit prêt à témoigner devant la justice.

> Consulter le site « gaullisme social »

Après la mort de Robert Boulin, le sénateur Pierre Marcilhacy, membre du Conseil constitutionnel, fut l’un des rares hommes politiques à remettre en cause publiquement la thèse du suicide de Robert Boulin.

> Lire les déclarations de Pierre Marcilhacy dans la presse, en janvier 1984 : « C’est un crime ».

En novembre 2007, le journaliste Jean Mauriac avait également confié au site Rue 89 que Michel Jobert et Olivier Guichard l’avaient « assuré de l’assassinat de Robert Boulin » .

Ecoutez l’entretien que nous avez accordé le gaulliste historique Olivier Guichard en 2002 dans lequel il explique qu’il n’a « jamais cru que Robert Boulin s’était suicidé », qualifiant la thèse officielle de « farfelue » (à 2’10 dans l’entretien de 3’43").

Olivier Guichard

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