PARIS (Reuters) - Un des avocats français de Dominique Strauss-Kahn a déclaré jeudi n'avoir aucune preuve de l'existence d'un complot visant l'ex-directeur général du Fonds monétaire international dans l'affaire du Sofitel de New York.

Il a aussi tenté de désamorcer le dossier de proxénétisme sur lequel une enquête a lieu en France en assurant que son client n'était pas au courant que les femmes qui participaient avec lui à des parties fines étaient des prostituées, une position susceptible de lui éviter des poursuites.

"Je n'ai pas la preuve qu'il y a un complot, je n'ai aucune preuve qu'il y a un complot", a dit sur Europe 1 Henri Leclerc, qui dénonce les "vérités partielles" distillées dans la presse.

Cette théorie du complot a été ébauchée par le journaliste américain Edward Epstein dans la New York Review of Books et par son biographe Michel Taubmann en France, qui évoquent des éléments troublants sans apporter de preuves.

Le premier laisse entendre qu'un complot pourrait avoir été organisé par l'UMP et le second affirme que le téléphone portable de Dominique Strauss-Kahn pourrait avoir été volé par Nafissatou Diallo, la femme de chambre du Sofitel qui l'a accusé de tentative de viol le 14 mai dernier à New York.

Dans une interview télévisée, l'ex-patron du FMI avait dit en septembre: "Un piège ? Peut-être. Un complot, on verra !".

Selon Le Monde, qui a pu visionner les vidéos et écouter les enregistrements audio du Sofitel, "si aucun élément n'accrédite la thèse du complot, certains détails se révèlent troublants."

"BIZARRERIES"

Il apparaît que la scène de la "danse de célébration" de deux agents de sécurité du Sofitel lorsqu'ils apprennent que la police va venir enquêter sur l'agression sexuelle dont aurait été victime Nafissatou Diallo n'a duré que 13 secondes, et non trois minutes comme l'écrivait Edward Epstein.

Le journaliste, qui a lui-même montré ces vidéos au quotidien, reconnaît avoir fait une erreur. En revanche, il maintient qu'il y a eu des "bizarreries". Le Sofitel a évoqué une joie sans rapport avec ce fait, par exemple due à l'annonce d'un résultat sportif.

Dominique Strauss-Kahn a bénéficié en août d'un abandon des poursuites pénales mais un procès civil devrait avoir lieu aux Etats-Unis.

Dans l'affaire de proxénétisme de l'hôtel Carlton de Lille, Henri Leclerc a rappelé que son client demandait à être entendu depuis octobre "pour dire la vérité".

Dominique Strauss-Kahn est susceptible d'être poursuivi pour complicité de proxénétisme ainsi que pour recel ou complicité d'abus de biens sociaux pour avoir bénéficié des faveurs de prostituées payées par une société.

Huit personnes sont mises en examen et cinq écrouées pour avoir organisé des voyages avec des prostituées en 2010 et 2011 à Paris et aux Etats-Unis au profit de "DSK", déplacements mis su pied par des entrepreneurs et un policier du nord de la France.

La société Eiffage a licencié ses salariés qui affirment avoir financé ces voyages avec la bénédiction du groupe de construction et dit tout ignorer de l'affaire.

CONTRÔLE BANAL

Selon son défenseur, "DSK", qui pensait participer à des soirées libertines, ignorait qu'il s'agissait de prostituées.

En outre, "à ces soirées, on n'est pas forcément habillé et je vous défie de distinguer une prostituée nue d'une femme du monde nue", a ajouté l'avocat.

Pour Henri Leclerc, "il n'existe aucun commencement de preuve quelconque d'une culpabilité de DSK sur une infraction qui existe".

Interrogé sur les propos du ministre de l'Intérieur déclarant que l'ancien favori pour l'élection présidentielle avait été contrôlé en 2006 au bois de Boulogne, haut lieu de la prostitution parisienne, l'avocat a jugé Claude Guéant "sacrément culotté".

Il a réaffirmé que Dominique Strauss-Kahn avait fait l'objet d'un banal contrôle au volant de sa voiture parce qu'il habitait à l'époque non loin du bois de Boulogne.

"Les gens qui habitent dans le bois de Boulogne - il y a habité pendant plus de dix ans - sont périodiquement contrôlés quand ils passent en voiture", a-t-il avancé.

Le défenseur n'a pas voulu dire en compagnie de qui l'ancien responsable socialiste se trouvait ce soir-là, tout en assurant: "Je ne protège personne".

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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