STRASBOURG (Reuters) - Un chirurgien d'une clinique privée de Strasbourg a été suspendu pour cinq mois à titre conservatoire par l'Agence régionale de santé (ARS), après avoir retiré le rein droit d'une patiente qu'il était censé opérer d'une tumeur au rein gauche, a-t-on appris jeudi auprès de l'ARS.

Cette mesure de suspension, qui peut être prise par l'ARS lorsque la poursuite de l'exercice d'un médecin "expose ses patients à un danger grave", a été prononcée mercredi après qu'une mission d'inspection eut révélé plusieurs manquements aux bonnes pratiques de la part de ce chirurgien.

Il a notamment opéré sans disposer d'une radiographie, comme il le reconnaît lui-même dans un témoignage publié par les Dernières nouvelles d'Alsace.

L'état de santé de la patiente, une septuagénaire, est stable.

"Ses jours ne sont pas en danger", a dit à Reuters le directeur de la Clinique Sainte-Anne, Christophe Matrat.

"Toute notre attention est portée sur sa santé", a-t-il ajouté, disant attendre les conclusions de l'enquête de l'ARS pour se prononcer sur les fautes commises par le chirurgien et les suites à donner à l'affaire.

Le même urologue avait écopé en mars 2011 d'une suspension de six mois, dont deux fermes, devant le Conseil régional de l'ordre des médecins d'Alsace, pour une erreur ayant entraîné la mort d'un patient lors d'une opération en 2006 dans une clinique de Reims où il exerçait alors.

Il avait également fait l'objet d'une sanction judiciaire dans le département de la Marne mais, ayant fait appel de ces deux mesures, il n'en avait pour l'instant exécuté aucune.

La clinique connaissait ses antécédents.

Gilbert Reilhac, édité par Chine Labbé

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