Emmanuel Macron l’a annoncé samedi : un grand commandement militaire spatial verra le jour au mois de septembre. La France passe à l’offensive pour protéger ses satellites, essentiels pour le fonctionnement quotidien de nos infrastructures et le travail des militaires en opération.

Localisé à Toulouse, le commandement militaire dédié à l'espace comprendra au démarrage 200 personnes.
Localisé à Toulouse, le commandement militaire dédié à l'espace comprendra au démarrage 200 personnes. © AFP / CNES

"L'armée de l’air et de l’espace". Non, cela n'a rien à voir avec Star Wars : c’est l’appellation que prendra à terme l’armée de l’air française, a déclaré Emmanuel Macron samedi, à la veille du défilé du 14 juillet. Plus concrètement, le chef de l’État a annoncé qu’un grand commandement dédié à l’espace verrait le jour dès septembre. Localisé à Toulouse, il regroupera 200 personnes, et "montera en puissance au fil du temps", a précisé dimanche sur France Inter Florence Parly, ministre des Armées.

Protéger nos satellites 

"L’espace est au cœur de nos vies", a expliqué Florence Parly. Lorsque vous utilisez votre smartphone dans une journée, en général, en ouvrant vos applications, vous avez recours à entre 10 et 40 satellites différents". Avant d'ajouter : 

Il faut pouvoir protéger ce qui est vital pour le fonctionnement de nos systèmes de transport, nos systèmes aériens, nos hôpitaux.

Sans parler de l’utilisation des satellites par les militaires sur les opérations extérieures, notamment pour communiquer, observer, et se géolocaliser.

L’espace de plus en plus militarisé

Essentiels au fonctionnement de chaque pays, les 1 500 satellites actuellement en orbite deviennent logiquement des cibles stratégiques. "L’espace est un véritable enjeu de sécurité nationale par la conflictualité qu’il suscite", a martelé samedi Emmanuel Macron, qui s’intéresse de près à la question. Même tonalité dans le discours prononcé en octobre à l'Assemblée par le général Philippe Lavigne, chef d’état-major de l’armée de l’air : "si nous perdons la guerre dans l'espace, nous perdrons la guerre tout court"

Or, d’après Florence Parly, les satellites français ont d’ailleurs déjà fait l’objet de tentatives d’attaques, et notamment par la Russie.

Si elle n’est pas nouvelle, la militarisation de l’espace s’accélère néanmoins. En 2007, en détruisant un de ses vieux satellites météo à 800 km au-dessus de la Terre, la Chine a démontré qu’elle était capable de détruire des objets dans l’espace, au même titre que les États-Unis et l’ex Union Soviétique. L’Inde a rejoint ce club très fermé en mars dernier.  Par ailleurs, en 2014, la Russie a lancé Kosmos 2499, fortement soupçonné d’être un "tueur de satellite". 

À la demande de Donald Trump, le Pentagone américain travaille en outre sur la mise en place d’une Space Force. Fallait-il marcher dans ses pas? "Une nouvelle fois, Emmanuel Macron obéit à Donald Trump, qui voulait militariser l'espace, au lieu de promouvoir le désarmement", a réagi samedi le député La France Insoumise, Bastien Lachaud, membre de la Commission Défense et Forces Armées. 

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