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Affaire Boulin : dossier toujours « classifié » pour la CIA

Peu de temps avant la mort de Robert Boulin, un proche de la famille bien introduit auprès de l’administration américaine s’était manifesté auprès d’elle en s’inquiétant de menaces d’assassinat sur le ministre, émanant de la CIA (Central intelligence agency), les services de renseignement américain.

Que pensez d’un tel témoignage ?

Pour en avoir le cœur net, nous avons sollicité la CIA pour consulter les documents relatifs à l’affaire Boulin, en s’appuyant sur le Freedom Information act, une loi américaine de 1966 qui oblige l’administration américaine à transmettre des documents à quiconque en fait le demande, sauf bien sûr s’ils doivent mettre en cause la sécurité nationale.

Le 29 avril 2009, notre demande d’information sur « la mort de Robert Boulin en octobre 1979 » est acceptée.

> Voir le document

Quatre mois plus tard, le 27 août 2009, après examen complets des documents, la CIA donne sa conclusion : impossible de rendre public ses documents qui doivent rester « classifiés ».

> Voir la réponse de la CIA, datée du 27 août 2009.

La Central Intelligence Agency conclue que le dossier concernant la mort de Robert Boulin « est actuellement classifié » et ne peut donc être consulté, en application « des exemptions 1 et 3 du FOIA » [Freedom of information act]

L’exemption n°1 correspond à des documents « classés secrets » ayant des implications en terme de « défense nationale » ou de « politique étrangère » (« classified secret matters or national defense or foreign policy)

> Consulter les cinq exemptions du Freedom of information act

Lettre CIA - boulin
Lettre CIA - boulin © radio-france

Lettre CIA - boulin
Lettre CIA - boulin © radio-france

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boulin
boulin © radio-france
Robert Boulin :

Il y des choses que je ne peux pas dire ici…

Ecoutez Robert Boulin, lors de sa dernière intervention publique , le 21 octobre 1979, au micro du « Club de la presse » d’Europe 1.

Il se défend de toute irrégularité dans l’affaire des terrains de Ramatuelle, et contre-attaque : « J’ai l’âme et la conscience tranquille.J’ai été exemplaire. Et peut-être plus encore que vous ne le pensez . Parce qu’il y a des choses que je ne peux pas dire ici. » .

Robert Boulin

Nicolas Sarkozy :

Je n’oublie pas Robert Boulin…

Le 26 janvier 2007 à Poitiers, en pleine campagne électorale pour l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy, a fait une allusion très claire à la mort de Robert Boulin« victime de la diffamation et du mensonge » . Un message visiblement destiné au camp chiraquien que Nicolas Sarkozy soupçonne d’être à la manœuvre dans la manipulation des listings Clearstream, dans l’ « affaire » du même nom.

Pourtant, en octobre 2007, le Procureur général près la Cour d’appel de Paris (nommé à ce poste en octobre 2006), Laurent Lemesle, ancien conseiller judiciaire de Jacques Chirac à l’Elysée (2002-2004), directeur de cabinet de Dominique Perben, puis de Pascal Clément au ministre de la justice, refuse de rouvrir le dossier Boulin.

> Consulter les 11 pages de la décision du Procureur général Laurent Lemesle le 16 octobre 2007 estimant qu’ « il n’y a pas lieu de saisir la chambre de l’instruction de réquisitions aux fins de réouverture de l’information judiciaire relative au décès de Robert BOULIN. »

> Ecouter la réaction de Fabienne Boulin, à l’issue de la décision de Laurent Lemesle, recueillie à l’époque par le site Backich.info : « Les Procureurs passent, mais la vérité est inéluctable »

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Le même jour, France 3 diffuse un reportage de Joseph Tual dans le 12-13 où l’on entend un extrait inédit de notre entretien avec Raymond Barre : « Nous ne savions pas que le RPR allait assassiner Boulin ! »

Fabienne Boulin :

C'est une vérite interdite.

30 ans après la mort de son père, c’est toujours la thèse du suicide qui prévaut officiellement regrette la fille du ministre, Fabienne Boulin. « La France ne veut pas voir ses turpitudes mais je suis résolue à connaître la vérité…

Fabienne Boulin

Fabienne Boulin répond au refus de l’actuel procureur général de la Cour d’appel de paris, Laurent Lemesle de rouvrir le dossier. « Un juge d’instruction est nécessaire » , estime la fille du ministre.

Fabienne Boulin

« Je n’ai pas peur de la vérité. Je ne vois pas pourquoi Nicolas Sarkozy en aurait peur » , explique Fabienne Boulin, aujourd’hui représentée par l’avocat Olivier Morice, défenseur notamment de la veuve du juge Borrel et des familles de victimes de l’attentat de Karachi.

Fabienne Boulin

> Lire la lettre personnelle qu’avait adressée Fabienne Boulin à Nicolas Sarkozy le 25 juin 2007 :

« Oserez-vous ce qu’aucun de vos prédécesseurs n’a osé : entendre ceux qui veulent faire la vérité sur la mort d’un ministre de notre République ? »

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Le 2 novembre 2007, Fabienne Boulin tenait une réunion publique à Libourne, pour mobiliser l’opinion après le refus du Procureur général Laurent Lemesle de rouvrir le dossier et annoncer la création d’une association « Robert Boulin pour la vérité ».

> Le site de l’association Robert Boulin-Pour la vérité

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