[scald=100693:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Un ancien patron d'Ikea France aurait "cautionné et supervisé" l'espionnage d'au moins une de ses salariées, affirme le site d'informations Mediapart qui publie lundi des échanges de courriers électroniques entre l'ex-PDG, le chef de la sécurité et la directrice des ressources humaines.

Ces courriers détaillent les déplacements au Maroc d'une employée qu'ils soupçonnent d'abuser d'un arrêt maladie.

Une enquête préliminaire de police a été ouverte jeudi dernier par le parquet de Versailles sur des pratiques présumées d'espionnage d'employés et de clients par le géant de l'ameublement suédois en France.

L'enquête, qui fait suite à une plainte du syndicat Force ouvrière de Seine-Saint-Denis pour "utilisation frauduleuse de données à caractère personnel", a été confiée à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ).

Les faits présumés ont été révélés par le Canard enchaîné, qui assure qu'un responsable de la "gestion du risque" à la direction d'Ikea-France a opéré depuis des années des collectes de données personnelles via une société privée qui aurait eu accès frauduleusement à plusieurs fichiers de police.

Dans un communiqué, la direction française d'Ikea a dit la semaine dernière prendre ces accusations "très au sérieux" et annoncé l'ouverture d'une enquête interne "avec l'aide de conseillers indépendants" ainsi que la mise en disponibilité du responsable mis en cause.

Mais d'après le site d'informations Mediapart, "l'enquête ouverte par le parquet de Versailles ne devrait pas tarder à remonter plus haut, jusqu'au sommet de la hiérarchie".

"En 2008, d'après les documents en notre possession, le PDG (...) lit et réagit personnellement à l'évolution d'une enquête sur (une) salariée du groupe à un poste de direction", écrit ainsi Mediapart, qui publie l'intégralité des échanges en sa possession.

Chine Labbé, édité par Henri-Pierre André

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