Le festival musical organisé sur le site du futur aéroport par ses opposants a duré trois jours. Trois jours sous haute surveillance, les pieds dans la boue, mais sans incident notable. Réunissant de 5.000 (autorités) à 30.000 personnes (organisateurs).

Autogérée, participative, la manifestation n'avait pas été autorisée par la préfecture qui avait prévenu : en cas d'accident, il faudrait assumer, et trouver des responsables.

Evidemment, il a fallu lutter avant tout... contre la boue. "Le sol a perdu de sa stabilité", explique Camille, chargé de communication du festival. "Ça nous a forcés à démonter la scène principale." Le festival s'est poursuivi sur une scène plus modeste pour la journée de dimanche.

Finalement, tout s'est bien passé. Le "FestiZad" (pour "Zone à défendre") a rempli son objectif : rassembler massivement les opposants au projet d'aéroport, et même largement au-delà, pour faire une démonstration de force dans la bonne humeur. Et ce, malgré le contrôle très resserré des forces de l'ordre durant tout le week-end. Un succès pour les opposants à l'"Ayraultport".

Notre reporter Julie Marie-Leconte a passé les trois jours avec les festivaliers.

Les habitants de la zone commencent à être exaspérés par la présence des militants

Les militants "zadistes" viennent de toute la France, voire de toute l'Europe. Une présence qui contrairement à certaines idées reçues n'est pas forcément du goût des gens du cru. Car s'il est vrai que certains habitants du coin apportent leur soutien aux "occupants", d'autres commencent à manifester une certaine exaspération

Reportage, Julie Marie-Leconte

### Quelques interventions, mais rien de grave La préfecture de Loire-Atlantique a compté une dizaine d'interventions des secours, avec cinq hospitalisations (donc trois "pour des problèmes de consommation de substances"). Dans l'après-midi de dimanche, les festivaliers ont commencé à quitter le site, au rythme cette fois des contrôles routiers "ciblés alcoolémie et stupéfiants". Si les festivaliers se sont félicités du bon déroulement du week-end, le directeur de cabinet du préfet Patrick Lapouze a déploré "le manque total d'organisation", notamment en termes de parking. C'est la préfecture elle-même qui a "organisé le service médical sur le site". Un arrêté préfectoral avait interdit du 3 au 6 janvier le transport et l'installation sur la zone de "chapiteaux, tentes et autres structures itinérantes de plein air". L'aéroport de Notre-Dame-des-Landes doit remplacer d'ici 2017 l'actuel aéroport de Nantes Atlantique, une concession confiée à l'Etat au groupe Vinci. Le projet est notamment soutenu par le Premier ministre et ancien maire de Nantes Jean-Marc Ayrault. _Mais aussi par son gouvernement, comme l'explique Pierre Moscovici, ministre de l'Economie et des Finances._
Le futur aéroport fait face à une opposition de plus en plus vive dans la région (et au-delà), réunissant régulièrement des milliers de personnes lors de certaines manifestations.
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