Un gigantesque incendie a détruit une tour HLM de 24 étages à Londres, mercredi 14 juin. Au moins 12 personnes ont péri. Un feu d'une telle ampleur peut-il se produire en France ?

La tour londonienne de 130 appartements datant de 1974 est presque complètement calcinée après avoir été ravagée par le feu
La tour londonienne de 130 appartements datant de 1974 est presque complètement calcinée après avoir été ravagée par le feu © AFP / Stéphane de Sakutin

Londres a été réveillée, mercredi 14 juin, par un incendie monumental qui a dévasté un immeuble d'habitations de 24 étages. Au moins 12 morts, 78 blessés dont une vingtaine sont dans un état critique et de nombreux disparus sont à déplorer. Cet immeuble de logements sociaux, situé dans l'ouest de la capitale, dans le quartier de North Kensington, a été construit en 1974. Un collectif d'habitants s'était plaint à plusieurs reprises de l'état de l'immeuble et des risques d'incendie potentiels. Les pompiers londoniens ont précisé que cet incident était "sans précédent" et qu'aucune cause ne permettait de l'expliquer pour le moment. Il faudra de toute façon attendre le résultat de l'enquête pour connaître l'origine du sinistre mais l'on peut s'interroger sur la possibilité d'un tel incendie en France.

Tours : sécurité maximale en France

S'il existe des normes internationales en matière de sécurité, chaque pays possède, toutefois, sa propre réglementation. Et la réglementation française est drastique. Il existe environ 500 IGH (immeubles de grande hauteur, de plus de 50 mètres) en France, dont 300 en Ile-de-France, selon le Lieutenant-Colonel Gabriel Plus, porte-parole de la BSPP, la brigade de sapeurs-pompiers de Paris, et depuis 1967, ces immeubles de grande hauteur doivent posseder plusieurs aménagements : des détecteurs multiples de fumée, des colonnes véhiculant de l’eau sous pression ou encore ­des ascenseurs équipés de rideaux coupe-feu.

Quant à l’évacuation des occupants, elle est spécialement conçue au moyen d’une cage ignifugée, dotée de groupes électrogènes dans les escaliers de secours. D'autres mesures sont imposées durant la vie de l'immeuble, comme la présence d'un gardiennage qualifié 24 heures sur 24, ou encore des contrôles des équipements de sécurité. "Tous les trois ans, il y a une visite de sécurité, mandatée par la Préfecture de police, la mairie et les pompiers, explique le Lieutenant-Colonel Gabriel Plus, et pour les plus vieilles tours d'habitation, cette visite peut même être annuelle."

En France, deux incendies d'immeuble ont été particulièrement meurtriers ces 15 dernières années
En France, deux incendies d'immeuble ont été particulièrement meurtriers ces 15 dernières années © AFP / Laurence SAUBADU, Vincent LEFAI

L’efficacité des mesures de sécurité incendie dans les IGH n’est plus à démontrer : les chiffres de la Fédération nationale des sapeurs pompiers font état, en moyenne, de zéro à deux décès par an consécutifs à un incendie. Contrairement aux idées reçues, les petits immeubles sont donc plus dangereux. "Il y a très très peu de risque qu'un incendie comparable à celui de Londres se produise en France étant donnée la stricte réglementation, conclut le porte-parole de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris, Gabriel Plus, même s'il rappelle, que le risque zéro n’existe pas".

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