Plusieurs éléments du dossier ouvrent la piste d’un interrogatoire violent de JPK par des hommes du GIP, puis d’une liquidation en mer du journaliste. Certains témoins font état de tentatives d’intimidations physiques d’hommes du GIP auprès d’adversaires de Gaston Flosse, accréditant l’hypothèse d’un homicide contre JPK.

C’est le cas du témoignage d’un ancien boxeur chargé de « surveiller » les gros bras de Gaston Flosse jusqu’en septembre 2004, avant d’être relevé de ses fonctions par Léonard « Rere » Puputauki, le chef du GIP.

Entendu le 31 janvier 2005 par les enquêteurs tahitiens, cet homme explique qu’en juin 2004 Rere Puputauki lui aurait demandé d’agresser… un journaliste, considéré alors comme anti-Flosse. « Rere m’a demandé si je connaissais » [ce journaliste], déclare ce témoin sur procès-verbal, précisant l’identité du journaliste en question. Je lui ai dit que je le connaissais car je l’avais vu à la télé, dans des bars et en boîte de nuit. Rere m’a dit que si je le trouvais, il fallait que je demande à des copains de taper sur [le journaliste] Je lui ai dit que si je le trouvais, c’est moi qui lui taperais dessus et que je ne demanderais pas à des copains. Rere n’a rien dit. Rere ne m’a pas dit, non plus, pourquoi je devais taper sur ce gars. Il ne m’a rien promis non plus, il ne m’a pas proposé d’argent. Je n’ai jamais tapé sur ce gars et pourtant je l’ai vu en ville plusieurs fois. Je ne voulais pas lui taper dessus pour aller en prison après. Rere m’a demandé de le taper le lendemain qu’il soit passé à la télé (…)Il est du côté de l’union, le parti à Oscar [Temaru]. J’ai fait dire par mes collègues du GIP que j’avais tapé sur [le journaliste] et Rere a su que je ne l’avais pas fait. C’est pour cela que Rere ne veut plus me voir. Il a inscrit mon nom sur une fiche à l’entrée du GIP. Il y a plusieurs noms dessus. Ce sont tous les gars qui sont interdits de pénétrer au GIP. Je ne suis jamais allé voir Rere pour régler cette affaire. »

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Cet ancien du GIP, dont le témoignage n’avait pas été révélé jusqu’ici, explique également que « des fois, Félicien [Micheloni] venait [le] voir pour [lui] montrer des photos d’hommes (…)Il me demandait si je connaissais les gars. J’en connaissais certains, d’autres je ne les connaissais pas. Il s’agissait de photos de tahitiens ou de popaas [de blancs], des gens du GIP, des grévistes ou des politiques. »

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