Corse, un chef d'entreprise abattu
Corse, un chef d'entreprise abattu © IDE

La 18e victime d'un homicide par balles depuis le début de l'année en Corse est un entrepreneur portigais de travaux publics tué ce matin dans une station service de Haute Corse.

L’homme, Victor Ribeiro, 45 ans, a été tué vers 13h30 à Cervione, au sud de Bastia, alors qu'il se trouvait dans son véhicule.

Les pompiers ont reçu l'appel d'un particulier signalant qu'un homme gisait inanimé au volant de sa voiture, au lieu-dit Prunete. Les secouristes ont constaté que Victor Ribeiro était criblé de plusieurs impacts de balles au thorax et à la tête provenant notamment selon un policier de chevrotines tirées avec un fusil de chasse.

"La victime a été la cible d'un ou plusieurs tireurs alors que l'homme venait de sortir d'un restaurant et qu'il se trouvait non loin d'une station essence", a indiqué une source proche du dossier.

Le procureur de la République de Bastia Dominique Alzeari s'est rendu sur place en début d'après-midi et l'enquête de flagrance a été confiée à la direction régionale de la policejudiciaire. Une co-saisine avec la gendarmerie est évoquée.

Selon une source judiciaire, la victime, originaire du Portugal, était "connue des services de police".

Cet homicide s'est produit dans la plaine orientale de la Corse, une zone en proie à la spéculation immobilière et au développement touristique connaissant un regain de violence depuis deux ans, période durant laquelle six personnes y ont été assassinées dans des règlements de comptes : un restaurateur, deux agriculteurs, un commerçant, un entrepreneur de BTP et un gérant d'une entreprise d'expertise automobile.

Dans un communiqué, la ministre de la Justice a exprimé sa "stupeur". Christiane Taubira réaffirme "la volonté du gouvernement à faire rétablir le respect des personnes et l'état de droit en Corse".

Interrogé lors de la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, Manuel Valls s'est engagé, au nom du gouvernement à lutter contre les "dérives mafieuses".

"Le Premier ministre, le 22 octobre, a proposé un plan d'action et nous allons le mettre en œuvre pour nous attaquer à des dérives mafieuses, à une mafia qui a pris une partie de la Corse, notamment les secteurs économiques", a déclaré le ministre de l’intérieur s'adressant au député UMP Laurent Marcangeli.

"Nous devons nous attaquer, ministre de l'Intérieur, ministre de la Justice, ministre de l'Economie et des Finances, à cette dérive, à cet argent qui corrompt et qui permet à certains de prospérer", a-t-il ajouté.

Ce nouvel homicide intervient après celui de Jacques Nacer, le président de la Chambre de commerce et d'industrie de Corse-du-Sud, tué le 14 novembre dans son magasin, et de celui d’Antoine Sollacaro, 63 ans, ancien bâtonnier d'Ajaccio assassiné le 16 octobre, alors qu’il était au volant de sa voiture dans une station-service.

Au lendemain de l'assassinat de Me Sollacaro, le gouvernement avait annoncé le renforcement du dispositif de sécurité en Corse. A Ajaccio, Manuel Valls et Christiane Taubira appelaient les Corse à se mobiliser pour éradiquer le crime organisé sur l’île.

Les ministres de l'Intérieur et de la Justice doivent revenir en Corse les 25 et 26 novembre pour annoncer la mise en place de mesures destinées à enrayer la spirale de la violence.

Corse, les règlements de comptes
Corse, les règlements de comptes © Radio France
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