un français enlevé au nigeria dans l'état de katsina
un français enlevé au nigeria dans l'état de katsina © reuters

Un ingénieur français a été enlevé dans le nord du Nigeria par une trentaine d'hommes armés. Ils l'ont attaqué chez lui, dans une résidence de la compagnie française Vergnet dans l'Etat de Katsina, frontalier du Niger. Deux Nigérians sont mort dans l'attaque. La compagnie précise que l'ingénieur est un "prestataire" du groupe français. Il travaillait sur un projet de ferme éolienne.D'après un communiqué de la société, spécialisée dans l'eau et les énergies renouvelables, l'homme enlevé est "prestataire du groupe Vergnet". Il s'agit bien d'un ingénieur français, mais appartenant à une société collaborant avec la compagnie, a précisé une chargée de communication. Selon l'entourage du groupe basé près d'Orléans (centre), le chantier éolien a commencé "il y a un an et demi ou deux ans". "Ca s'est bien passé dans les débuts puis il y a eu des alertes en terme de sécurité" et Vergnet a ensuite obtenu du gouverneur une protection militaire".

Flou sur l'identité du commando

Les motivations du groupe restent inconnues, Sébastien Laugénie.

Le nord et le centre du Nigeria sont fréquemment la cible d'attaques du groupe islamiste Boko Haram, tenu responsable de la mort de plusieurs centaines de personnes depuis 2009. Mais l'Etat de Katsina a jusqu'ici été épargné. Le groupe extrémiste dit se battre pour la création d'un Etat islamique dans le nord du Nigeria, majoritairement musulman, alors que le sud du pays le plus peuplé d'Afrique abrite une majorité de chrétiens. Le groupe n'a jamais reconnu avoir enlevé d'étrangers. Le Nigeria a attribué à Boko Haram le rapt de deux Européens l'année dernière, mais la population locale a toujours écarté cette thèse, accusant plutôt des gangs armés. En mars, les otages avaient été tués lors d'une opération organisée par les forces de l'ordre nigérianes avec l'aide des autorités britanniques. Un ingénieur allemand avait également été enlevé en janvier et retrouvé mort plus tard dans une maison considérée comme une cachette de Boko Haram. Les enlèvements d'expatriés avec demande de rançon sont un commerce très lucratif au Nigeria, mais ils sont presque toujours concentrés dans la région pétrolifère du Delta du Niger (sud). Au Niger, pays frontalier de l'Etat de Katsina, cinq Français, un Togolais et un Malgache collaborateurs du groupe nucléaire public Areva et de son sous-traitant Satom, ont été enlevés le 16 septembre 2010 à Arlit (nord), un site d'extraction d'uranium. Aqmi a revendiqué le rapt.

Le quai d'Orsay suit le dossier

Le ministère français des Affaires étrangères n'a pas donné de détails mais l'enlèvement mais il a été confirmé par les autorités locales : "Je confirme l'enlèvement (mercredi soir) d'un ressortissant français à Rimi", à 25 km de la ville de Katsina, a déclaré Abdullahi Magaji, commissaire de police du chef-lieu. Selon lui, les islamistes, très actifs dans le nord du pays, ne seraient pas derrière cet enlèvement. "Une trentaine de ravisseurs ont attaqué la résidence où logent les ingénieurs", a expliqué le commissaire. Il a indiqué qu'un agent de sécurité et un voisin avaient été tués, et un policier grièvement blessé. Les assaillants ont ensuite lancé un engin explosif sur le commissariat de police en sortant de la ville, pour éviter que la police ne les poursuive.Selon un voisin voulant garder l'anonymat, trois ingénieurs français cohabitent habituellement dans la maison louée par l'entreprise dans le village de Rimi, mais "au moment de l'enlèvement, deux des trois ingénieurs étaient en voyage". Selon ce voisin, l'ingénieur français enlevé était revenu à Rimi il y a quatre semaines, après s'être absenté six mois.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.