> L'enquête de Benoît Collombat

__

Condamné à 5 ans de prison (dont un an avec sursis), 5 ans d’inéligibilité et 400 000 F d’amende, en juillet 1996 dans une affaire de pots de vin, Alain Carignon (qui se présente aujourd’hui comme consultant en investissement pour PME) est resté très proche de Nicolas Sarkozy et du ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux, qu’il conseillerait « à titre amical et bénévole, en total accord avec le président de la République. »

Après sa démission de son poste de ministre de la Communication, en juillet 1994, conséquence de sa mise en examen, Alain Carignon cède son portefeuille à Nicolas Sarkozy, alors ministre du Budget.

Quant à Xavier Peneau, il a fait partie du premier cercle d’Alain Carignon, dans les années 90.

Directeur général des services du département de l’Isère (présidé par Carignon), directeur de cabinet d’Alain Carignon au conseil général, puis à la mairie de Grenoble. Chargé de mission au cabinet d’Alain Carignon, ministre de la Communication en 1993, il est nommé sous-préfet de Montmorency en 1994.

Xavier Peneau a été condamné dans plusieurs dossiers grenoblois : par le Tribunal correctionnel de Grenoble, le 19 janvier 1999 et le 13 juillet 1999, ainsi que par la Cour d’appel de Grenoble (condamnation confirmée en Cassation), le 7 avril 1999.

Un article paru le 26 septembre 1996 dans le journal Libération le qualifiait à l’époque d’ « homme-orchestre du département de l’Isère »

__

Ses déboires judiciaires n’ont pas empêché Xavier Peneau d’effectuer une brillante carrière, qui se poursuit aujourd’hui comme préfet de l’Indre. Un préfet désormais condamné solidairement à rembourser de l’argent public… à un autre département.

Dans son réquisitoire, au procès mettant en cause Jean-Yves Cupillard, vice-président RPR du conseil général de l’Isère, dans le cadre d’un système de corruption en lien avec des entreprises de travaux publics, le Procureur de la République avait eu ces mots à l’adresse de Xavier Peneau, comme le raconte Le Monde daté du 11 octobre 1997 : « Si l’homme politique que vous souteniez avait poursuivi sa carrière [NDR : c'est-à-dire Alain Carignon] , vous seriez aujourd’hui préfet en train de diriger un service de contrôle de la légalité et cela me fait peur. »

« La mobilisation au sommet pour effacer » cette « vieille ardoise » de 253 126 euros d’Alain Carignon et de son ex-directeur de cabinet, Xavier Peneau, a été détaillée par « Le Canard enchaîné » dans son édition du 24 février 2010.

L’hebdomadaire satirique expliquait alors comment Alain Carignon et Xavier Peneau tentaient de plaider leur cause auprès du président du conseil général de l’Isère, le socialiste André Vallini.

Leur recours sera finalement rejeté par le conseil général de l’Isère, le 21 mai 2010.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.