[scald=100559:sdl_editor_representation]NANTES (Reuters) - Un policier comparaît mardi et mercredi devant le tribunal correctionnel de Nantes pour "violences aggravées" sur un lycéen de 17 ans qui a perdu l'usage de son oeil droit après avoir reçu un tir de son "lanceur de balles de défense".

Les faits s'étaient produits en novembre 2007 lors d'une manifestation à Nantes contre la loi de réforme des universités, alors que ce nouveau type de "flash-ball" - réputé plus précis et d'une plus longue portée qu'un pistolet à balles en caoutchouc ordinaire - était en expérimentation.

Le juge d'instruction n'a pas suivi les réquisitions du parquet, qui avait réclamé un non-lieu dans cette affaire, considérant que le policier était en situation de "légitime défense".

Dans son réquisitoire définitif, celui-ci avait estimé que "le gardien de la paix avait exécuté un ordre de tir ni illégal, ni disproportionné, l'information judiciaire ayant établi que des pluies de projectiles avaient été jetées sur les forces de l'ordre", ce que contestent les proches de la victime.

La Ligue des droits de l'Homme s'est constituée partie civile dans le procès, aux côtés du lycéen et de sa famille, estimant que "l'usage de ce type d'arme remet en cause le droit de manifester librement, si le prix à en payer est d'être mutilé ou tué".

Plusieurs syndicats de salariés appellent à se rassembler mercredi devant le Palais de justice de Nantes, pour manifester leur solidarité avec la famille de la victime.

Il s'agit du "premier procès en France d'une mutilation au flash-ball", disent les proches du lycéen, réunis dans un "collectif contre les violences policières".

En mars 2009, un étudiant de 25 ans avait déjà été grièvement blessé à l'oeil par un tir de flash-ball lors d'une manifestation à Toulouse. Un accident similaire avait eu lieu quatre mois plus tard à Montreuil (Seine-Saint-Denis) lors de l'évacuation d'un squatt, relançant la polémique sur l'usage de ces armes "non létales".

Guillaume Frouin, édité par Gilles Trequesser

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