Le premier ministre Viktor Orban est revenu au pouvoir en avril 2010 après des élections législatives largement remportées par le Fidesz, le parti qu'il a crée et qu'il gère d'une main de fer.

C'est une vraie revanche pour celui qui a été premier ministre pendant quatre ans à partir de 1998, mais qui a échoué à garder son poste (2002) et à le reconquérir (2006). C'est donc après huit ans de gouvernance socialiste que ce militant anti-communiste réussit à faire son retour. Et de quelle manière !

Au soir du premier tour des élections législatives, en avril 2010, le Fidesz est assuré d'avoir la majorité au parlement Hongrois. La seule interrogation entre les deux tours est de savoir si Viktor Orban pourra compter sur une majorité des deux tiers. Ce sera finalement le cas avec 263 sièges, soit 5 de plus que la majorité qualifiée. Viktor Orban a de quoi sourire. Déjà il réalise un score historique, et surtout le parti socialiste (MSZP) s'effondre littéralement avec seulement 58 sièges. Le scrutin d'avril 2010 est aussi marqué par la percée du parti d'extrême droite, le Mouvement pour une meilleure Hongrie (Jobbik), qui remporte 47 sièges au Parlement.Viktor Orban n'en est pas à son coup d'essai en politique. Dès 1988, à tout juste 24 ans, il fonde l'Alliance des jeunes démocrates (Fidesz). Un mouvement de jeunesse "libéral et alternatif", anti-communiste. Viktor Orbán est alors un jeune étudiant en droit qui porte barbe et cheveux longs. Un an plus tard, il est le premier à réclamer le départ des troupes russes et la tenue d'élections libres.

Son portrait par Florence La Bruyère :

En 1990, il est élu député avec vingt autres membres du Fidesz, avant de prendre la tête du parti en 1993, et de le doter d'un programme conservateur. En 1998, allié au parti des petits propriétaires et travailleurs agraires, il remporte les législatives : Viktor Orbán devient alors, à 35 ans, le plus jeune Premier ministre de l'histoire hongroise et l'un des plus jeunes d'Europe.

le parlementaire Viktor Orban en 1997
le parlementaire Viktor Orban en 1997 © Rita Molnár

Aujourd'hui agé de 48 ans, amateur de football, marié et père de cinq enfants, Viktor Orban aime parler au nom du "peuple", des "hommes" ou encore de la "nation" et s'affirme en fervent opposant de la mondialisation. Il aime aussi parler de la fin de "l'ère des banquiers et de l'Occident", au profit de la montée en force de l'Asie.

Depuis son raz-de-marée électoral, il a élargi son pouvoir à marche forcée en plaçant ses fidèles à la tête de toutes les institutions publiques pouvant jusque-là servir de frein, modérer ou contrebalancer le pouvoir. La presse hongroise et internationale parle d'un régime "autocrate, anti-démocratique, totalitaire, et dictature". Ses 18 mois de gouvernement ont été marqués par la fin de la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. Demandant à ses électeurs de le croire "sur parole", il avait promis des baisses d'impôts, un engagement que ses experts ont bien vite tempéré en raison de la crise économique et financière, du plongeon de la devise nationale, le forint, et de la flambée des taux d'intérêt obligataires. Désormais une partie de plus en plus importante de l’opinion publique ne suit plus le premier ministre. Ils sont même nombreux à descendre dans la rue.

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lien image_partout ailleurs © Radio France / RadioFrance
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