[scald=93167:sdl_editor_representation]STRASBOURG (Reuters) - Le coût des sessions du Parlement européen à Strasbourg est près de quatre fois inférieur à l'estimation faite par les partisans d'un regroupement des institutions de l'Union n à Bruxelles, peut-on lire dans un rapport publié mardi.

Par deux fois au cours de l'année 2011, les eurodéputés se sont prononcés en faveur d'un siège unique - sans préciser lequel - en invoquant des raisons d'économie.

Le surcoût annuel engendré par la migration mensuelle à Strasbourg de 754 députés, 2.500 fonctionnaires, assistants parlementaires et autre personnel de la Commission européenne s'élève à 51,5 millions d'euros, affirme le rapport sur la base de chiffres fournis par le Parlement.

Les coûts engendrés par le bâtiment représentent 33,5 millions, les frais de fonctionnement supplémentaires, 18 millions d'euros.

"Cela représente 10 centimes par citoyen et par an", souligne Pierre Loeb, co-président de l'association européenne des jeunes entrepreneurs qui publie cette étude.

Ce travail, que ce jeune Strasbourgeois, frais émoulu d'une école de commerce, a en grande partie réalisé, se veut une réponse à l'attaque lancée il y a un an contre Strasbourg par l'eurodéputé britannique Edward McMillan Scott.

Ce libéral europhile, partisan d'un regroupement des activités parlementaires à Bruxelles, chiffrait à 180 millions d'euros le surcoût engendré par Strasbourg mais également Luxembourg où le Parlement a son secrétariat.

Quand McMillan Scott évaluait à 19.000 tonnes de CO2 par an l'empreinte carbone induite par ce nomadisme, le nouveau rapport n'en compte que 4.200 tonnes en arguant qu'une majorité de parlementaires ne vivent pas plus à Bruxelles qu'à Strasbourg.

Il confirme en revanche les faiblesses de la ville française en matière d'accessibilité et d'hébergement, sur la base d'une enquête auprès de 250 usagers,.

"Plus de dix heures de voyage pour différentes délégations", souligne un eurodéputé cité dans le rapport.

Face à l'impossibilité de maintenir durablement un certain nombre de liaisons internationales sur l'aéroport de Strasbourg, en dépit d'un subventionnement public, les auteurs suggèrent des "avions taxis" ou des escales de lignes régulières en Alsace pour les débuts et les fins de session.

Quant aux tarifs hôteliers, "multipliés par 1,5 les semaines de session", ils en appellent à une "charte de qualité" qui engagerait les professionnels à plus de raison.

L'étude ne dit rien en revanche de l'argument politique des partisans de Bruxelles pour qui le Parlement ne peut s'affirmer qu'en siégeant près du Conseil et de la Commission.

Il se contente, sur ce point, de rappeler l'histoire et de revendiquer le polycentrisme comme consubstantiel de l'idée européenne.

Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse

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