Comme le montrent les documents que nous avons pu consulter, Alain Carignon et Xavier Peneau avaient sollicité, en amont, la clémence du ministre du budget de l’époque, Eric Woerth (qui n’était pas encore rattrapé par l’affaire Bettencourt), assurant qu’ils ne leur étaient pas possible financièrement de rembourser l’argent public.

Ainsi, dans un courrier daté du 24 juin 2009, Alain Carignon explique qu’il ne peut « faire face à une telle charge avec [ses] revenus d’autant [qu’il] règle depuis juillet 2002 une mensualité de 762, 25 euros d’un remboursement sur 20 ans. »

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L’ancien maire de Grenoble insiste sur le fait que cette « remise gracieuse » s’est opérée « pour la totalité des élus déclarés comptables de fait pendant les deux dernières législatures » , comme l’indique une réponse du Ministère du budget publiée le 12 février 2008, au Journal Officiel, suite à une question d’un député UMP.

Cette lettre d’Alain Carignon se conclut par une mention manuscrite, « Bien amicalement », adressée à Eric Woerth.

Voir la lettre d’Alain Carignon adressée à Eric Woerth

"Une charge financière insupportable"

Dans un courrier daté du 24 juillet 2009, « sous couvert » du directeur général des finances publiques, Philippe Parini, Xavier Peneau sollicite, à son tour, la « bienveillante attention » d’Eric Woerth, se disant dans « l’impossibilité de [s’] acquitter du paiement des sommes réclamées. »

« Cette somme de plus de 300 000 euros avec les intérêts représente une charge financière insupportable pour moi , explique Xavier Peneau, compte tenu de mes revenus de fonctionnaire au ministère de l’intérieur d’une part et de mes charges familiales (trois enfants de 11 à 15 ans) d’autre part. »

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Xavier Peneau estime que dans cette affaire il n’avait « pas autorité sur la société d’économie mixte du département [de l’Isère] qui a payé en 1988 une commission à un intermédiaire financier. »

Voir la lettre de Xavier Peneau à Eric Woerth

Pourtant, comme le note le conseil général de l’Isère dans sa délibération, la Chambre régionale des comptes a bien « considéré qu’en rachetant à la société d’économie mixte GID l’échangeur Alexpo et les ouvrages connexes, le département de l’Isère a remboursé, par un mandat partiellement fictif, une commission de 253 126, 35 euros qui a servi à ‘‘une fin étrangère aux intérêts du département’’ et qu’en conséquence ces fonds ont été maniés sans titre valide, constituant une gestion de fait. »

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Dans son premier jugement, la Chambre régionale a considéré « qu’il a été démontré que M.Peneau a pris une part active dans le fait que le département prenne à sa charge la prestation jugée fictive du cabinet Rhoddlams » et « qu’au surplus, le directeur de la société Rhoddlams a déclaré aux services de police que « 50% des honoraires ont été reversés à M. Peneau en espèces » (Jugement de la Chambre régionale des comptes du 30 septembre 2004)

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