La fin de non-recevoir du « gendarme financier » luxembourgeois

En avril 2009, l’hebdomadaire L’Express s’interrogeait sur le rôle exact joué par UBS dans l’affaire Madoff, en révélant l’existence d’un retrait inexpliqué de plus de 7 millions d’euros, effectué le 16 octobre 2008, sur le compte UBS-Luxembourg d’une des victimes françaises du courtier américain.

Le 21 février 2009, l’avocat du client concerné par ce retrait inexpliqué, Me Emmanuel Amsar, interpellait, par mail, les autorités financières luxembourgeoises, en indiquant :

« Ce document nous surprend grandement car s’il s’avérait que cette opération, non demandée, ni autorisée par notre client » a « pourtant » été « effectuée unilatéralement par UBS Luxembourg au vu de ce document, celle-ci relèverait d’infractions pénales »

__

L’unique réponse de la Commission de surveillance du secteur financier (CSSF) viendra un mois plus tard, le 13 mars 2009. Le « gendarme » financier luxembourgeois se contente de transmettre la« réclamation »de l’avocat… à UBS ! Et« entend arrêter »« son intervention »…

__

> Voir la réponse de la Commission de surveillance du secteur financier

Du côté des autorités financières françaises, ce n’est guère mieux.

L’AMF (Autorité des marchés financiers) n’a jamais répondu aux demandes d’information de l’avocat Emmanuel Asmar.

Ce dernier estime que « les professionnels de la finance et les autorités de marché, censés garantir la réalité et la bonne conduite d’un investissement, se sont posés un minimum de questions » vis-à-vis de Bernard Madoff, alors qu’ « il y avait les moyens de savoir ».

__

D’où cette question : « était-il possible à des professionnels de la finance de découvrir cette fraude, avant les aveux du 11 décembre 2008 de Bernard Madoff ? » Sachant que « Bernard Madoff rémunérait de manière très généreuse les intermédiaires et les banques qui travaillaient avec lui »

Certains intermédiaires, ou certaines banques, auraient-elles fait preuve d’un « silence coupable » ?

Maître Emmanuel Asmar

C’est tout l’enjeu des investigations du juge Renaud Van Ruymbeke.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.