De Ronald Reagan à Bob Dole, Paul Manafort fut longtemps l'un des artisans des campagnes républicaines. Il fut aussi critiqué aux Etats-Unis pour son mélange entre conseil politique et lobbying privé. Il a déployé ses talents à l'international, comme en Ukraine avec l'actuel président Viktor Ianoukovitch.

Edouard Balladur
Edouard Balladur © MaxPPP / Thomas Padilla

Aucune trace officielle d'un passage en France, mais des relations avec les intermédiaires du dossier Karachi qui intriguent. En 1994-1995, Paul Manafort va toucher quelques 250 000 dollars de l'homme d'affaire Abdul-Rahman El Assir, associé à Ziad Takieddine pour les contrats d'armement avec le Pakistan et l'Arabie Saoudite.

Pour l'ex-femme de Ziad Takieddine, le spin doctor était bien payé pour conseiller le candidat Balladur. "Je me rappelle, a-t-elle déclaré en mars, que Paul envoyait des fax à Ziad en anglais et que Ziad devait les traduire pour les donner au camp Balladur".

Ces fax n'ont pas été retrouvés et personne dans l'équipe Balladur ne semble s'en souvenir. Interrogé à ce sujet le 16 octobre Ziad Takiedine a refusé de répondre. El Assir sera entendu en Suisse la semaine prochaine.

Paul Manafort n'a pas répondu à nos demandes d'interview. Après la défaite d'Edouard Balladur, il a continué à être rémunéré par le marchand d'armes El Assir (en 2000-2001 notamment). Arrêté le 28 juillet 1994 par les douanes sur la route de l'aéroport de Genève avec 500 000 francs dans sa voiture, Ziad Takieddine avait expliqué que l'argent venait de Manafort. L'Américain l'aurait recruté pour lui ouvrir des portes au sein du gouvernement pakistanais. Un contrat a même été retrouvé, mais les enquêteurs doutent de son authenticité. Le juge Renaud Van Ruymbecke va donc demander l'aide de la justice américaine pour éclaircir ces relations d'affaire. Paul Manafort pourrait être forcé de s'expliquer.

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