Le Premier ministre britannique dispose désormais d’une application bâtie sur mesure pour lui. Elle devrait prochainement être étendue aux autres membres du gouvernement. Objectif : aider à gouverner, à l’aide de données statistiques en temps réel.

David Cameron est réputé accro à son iPad
David Cameron est réputé accro à son iPad © Photoshot/MAXPPP / Anderw Parsons

Avoir son application mobile à soi, rien qu’à soi. C’est le petit privilège dont dispose désormais David Cameron, le premier ministre britannique. Répondant au nom de code de « Number 10 dashboard », il s’agit d’une web-app (accessible depuis un navigateur web, comme Safari ou Chrome mobile) permettant au Premier ministre d’accéder en temps réel à des données, des indicateurs censés « l’aider à gouverner ».

Quelles sont ces données ? L’application agrège des flux d’actualité provenant de Google, mais aussi des données statistiques sur l’emploi ou le logement. Mais elle permet aussi au Prime Minister de connaître en temps réel les sujets les plus évoqués sur les réseaux sociaux – les trending topics , en Anglais dans le texte ; ou de lire les publications associées à des mots-clés comme « hypothèque ». Visuellement, si l’interface de l’application n’est pas connue, on sait au moins qu’elle ressemble au site d’open-data data.gov.uk, en ligne depuis 2009 ; un site qui rend publiques un certain nombre de données chiffrées.

Pour l’instant accessible en test uniquement au Premier ministre et à quelques membres de son cabinet, l’application, développée par les équipes numériques du Cabinet Office, en collaboration avec une start-up londoninenne, devrait être étendue début 2013 à d’autres membres du gouvernement.

Gouverner avec des « trending topics » ?

Mais cette nouvelle application pose un problème : peut-on gouverner avec des données et des tendances affichées en temps réel ? Pour Dominic Campbell, fondateur du cabinet de consulting FutureGov, « Je ne vois pas le bénéfice que cela peut apporter à David Cameron. C’est un politicien de tête de ligne qui ne s’en servira que pour des discours. Les sujets populaires ne sont pas vraiment une bonne façon de gouverner un pays », affirme-t-il à la BBC.

La problématique risque de devenir un sujet de débat, d’autant plus que les célèbres laboratoires américains du MIT sont sur le point de mettre au point un algorithme mathématique qui permettra de déterminer, avec plus d’une heure d’avance, les sujets qui seront populaires sur Twitter, avec 95% de certitude.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.