ROME (Reuters) - L'association italienne de chirurgie plastique a engagé mercredi des poursuites contre la société française PIP (Poly Implant Prothèse) et l'organisme de certification allemand TÜV Rheinland et s'est portée partie civile dans ce dossier.

La société PIP est au coeur d'un scandale d'implants mammaires non conformes qui a déjà suscité environ 3.000 plaintes.

"Les chirurgiens qui ont utilisé les implants concernés ont été victimes d'une fraude tout autant que les patients", a dit le vice-président de l'association italienne des plasticiens, Mario Pelle Ceravolo.

Il a ajouté que les chirurgiens avaient été trompés parce que les implants incriminés portaient le label européen de conformité et présentaient toutes les caractéristiques de produits fiables.

"Les médecins qui ont posé ces implants ne peuvent être mis en cause", a-t-il ajouté.

Le nombre de femmes qui auraient reçu en Italie de tels implants non conformes est estimé à environ 4.300, a dit une porte-parole de l'association, qui regroupe une centaine de plasticiens.

Vingt cas de cancer ont été signalés sans qu'un lien ait été établi pour l'instant avec ces prothèses fabriquées avec des gels non conformes, qui ont été implantées sur environ 30.000 femmes en France et environ 300.000 au total dans le monde.

Le fondateur de PIP, Jean-Claude Mas, a été mis en examen en France pour "blessures involontaires" par violation délibérée d'une obligation de prudence et de sécurité. L'ancien président du directoire de la société, Claude Couty, a été mis en examen pour le même chef.

Les deux hommes ont été placés sous contrôle judiciaire qui prévoit une interdiction de sortie du territoire français, la remise de leurs passeports, l'interdiction de se rendre dans les locaux de PIP ou de rencontrer les anciens salariés de l'entreprise.

Ils doivent également s'acquitter d'un cautionnement de 100.000 euros sur une durée d'un an, dont le premier versement de 25.000 euros doit intervenir sous 15 jours, pour "garantir le paiement de la réparation des dommages". Ils encourent une peine maximale d'une année d'emprisonnement et 15.000 euros d'amende.

Philip Pullella, Guy Kerivel pour le service français

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