En arrivant sur le site de Women Under Siege, une carte de la Syrie apparaît et des cercles répertorient les agressions relevées dans les différentes villes du pays, notamment à Homs. Pour chacune d'elle, on peut obtenir un témoignage et des précisions, notamment sur le type de violence ou le profil de l'agresseur. Si elle est avant tout destinée aux femmes en Syrie, la carte est pourtant enrichie essentiellement par des victimes à l'extérieur du pays (membres d'ONG, médecins, journalistes ou réfugiés). Le projet n'incite d'ailleurs pas à témoigner "de l'intérieur", car les victimes se mettraient en danger. Le site, en anglais et en arabe, rappelle que les victimes doivent avant tout se protéger.

Le projet américain Women Under Siege
Le projet américain Women Under Siege © Radio France

Ushahidi, technologie d'entraide

Ushahidi a été créé en 2007 au Kenya pour collecter des témoignages de violences, par mail ou SMS et les répertorier sur une carte. Depuis, plusieurs projets d'aide humanitaire se sont appuyés sur cette technologie. Quelques mois avant la révolution de février 2011 sur la place Tahrir au Caire, un projet du même genre que Women Under Siege a déjà vu le jour en Egypte. Harassmap recueille les témoignages de femmes agressées mais leur donne également des conseils sur les démarches à suivre pour porter plainte ou trouver une aide psychologique.

Au Bangladesh, lors des inondations de 2009 et 2010, les victimes ont utilisé la même technologie pour appeler à l'aide. Elles indiquaient alors leur localisation, leurs observations et surtout leurs besoins.

De la protection à la dénonciation

En Syrie, les agressions sont affichées comme "unverified", un moyen de garantir l'anonymat des témoins. Mais la question reste essentielle dans ces projets car des dérives existent déjà. Aux Etats-Unis, plusieurs sites proposent de dénoncer des "pédophiles" supposés, déjà condamnés ou non, et sans aucune vérification préalable. Dans un autre genre, les cartes interactives sont aussi utilisées pour lister les lieux préférés des stars, en comptabilisant le nombre de leurs apparitions par secteur.

Intrusives mais participatives, les cartes interactives sont des outils citoyens efficaces qui peuvent donc être détournées de leur fonction première pour devenir un moyen de surveillance des populations.

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