Une dictature en pleine santé l’Europe se balkanise pendant que la Chine la ruine. Toutes les nations du monde, à travers leurs « élites » vont se déplacer à Shangaï pour visiter l’exposition universelle et cirer les bottes de la plus grande dictature du monde, une dictature à plus d’un milliard d’humains (quel tyran oserait en rêver ?). Ah, on voit déjà le titre du « Fig-Mag » : « L’Empire du Milieu est désormais à l’avant ! ». Titre de Libé : « A Shangaï, Les chinois n’ont pas chinoisé ! ». Revenant de Pékin, un petit camarade journaliste me dit : « Tu comprends, t’arrive à Paris... et paf ! tu tombes sur la grève de la SNCF ! » Ca c’est sûr, c’est pas en Chine que tu « tomberais », comme il dit, sur une grève quelconque. La bas, soit tu vas en taule, soit t’es chassé sur les routes comme un clodo, soit tu prends une balle dans la nuque (la vieille tradition de l’exécution socialiste, genre Katyn). On s’énerve, on s’énerve, mais la Chine pose deux problèmes : 1) au fond, les humains aiment la dictature. Quoi ? Pas du tout ! Les hommes aiment la démocratie, c’est parce qu’ils n’ont pas le choix qu’ils subissent la dictature. C’est pas vrai. C’est faux. Le 10 juillet 40, tous les parlementaires français (sauf 80, une ultra minorité) choisissent une dictature. Votent pour une dictature. Ils avaient le choix entre résister et peut-être se faire exécuter, ils préfère tuer la démocratie et sauver leurs grosses fesses de parlementaires. La démocratie est une aberration politique, une anormalité, un état non naturel nécessitant une intelligence supérieure, un courage, un altruisme, une compassion, un désintéressement sublimes : dans la démocratie tu respectes la minorité, alors qu’il est si simple de la flinguer ! Respecter la minorité, la laisser vivre... Absolument antinaturel. Donc, globalement, les hommes aiment le pied au cul. L’Europe démocratique est une aberration historique, que l’on ne peut que contempler avec ravissement et stupeur, comme la perspective du Louvre depuis le Pont-Neuf. Le deuxième problème posé par la Chine concerne donc l’Europe. Pendant que la Chine avance avec le rouleau compresseur de sa dictature massive, et lamine l’économie européenne, ces mêmes européens qui avaient réussi cette chose extraordinaire, s’unir entre ennemis, après deux guerre sanglantes, jouent aujourd’hui à la guerre des principautés. La grosse principauté d’Allemagne ramène sa fraise pour éliminer la petite principauté grecque. C’est quoi l’Allemagne ? Oh, des gens très riches, très exportateurs, très sérieux, très budget en équilibre, pas des Grecs comme ceux de Mikonos, chez qui on va tout de même claquer ce même budget et étaler sa bedaine à bière. L’Allemagne est en train de tuer l’Europe. Mais elle n’a pas tort : car c’est quoi l’Europe, sinon une question de fric ? Et si l’Europe n’est qu’une question d’argent, normal que les pays soient en guerre économique, en compétition, et qu’ils crèvent de leurs petites guerres économiques intestines. La Chine démontre qu’une économie administrée peut réussir. En Chine, la monnaie n’est pas libre, elle est utilisée comme moyen de politique économique. En Europe, avec la BCE, la monnaie est un carcan au service des rentiers qui tue l’innovation. En Chine, l’Etat de droit est bafoué, l’information contrôlée, et l’économie est dirigée. En Europe, la démocratie, cette chose tellement anormale et éphémère existe, l’Etat de droit aussi, mais l’économie est laissée à vau-l’eau ou à des « élites » qui bavent devant l’expansion du marché automobile de l’Empire du milieu. Les « élites économiques » européennes n’ont qu’une idée : délocaliser dans la dictature. Mieux vaut Hitler que Léon Blum disait-on en 36, mieux vaut la Chine que l’Europe dit-on aujourd’hui. La démocratie politique n’a rien à voir avec la liberté du marché. Elle est même à l’opposé. Elle pourrait être un extraordinaire capital, intellectuel, humain, car elle exige du respect et de l’altruisme. Mais l’Europe se balkanise pendant que la Chine la ruine. Vous inquiétez pas : au-delà des balkans on retrouvera bien quelque guerre civile.

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