Pour pouvoir « anticiper les niveaux de prix » −c'est-à-dire obtenir la meilleure information possible auprès de la Direction générale de l’agriculture− Jean-Jacques Vies disposait de moyens non négligeables : une enveloppe de « plus ou moins un million de francs français [un peu plus de 152 000 euros], tout compris » , comme il l’explique aux enquêteurs belges. (…)On restait toujours dans une enveloppe de trésorerie fluctuant de 950 000 à 1 000 000 F , dit-il, et cela depuis que le SYNCOPEX existe. J’ai toujours eu cette enveloppe là et cela tout compris : salaire, loyer, électricité, frais de représentation, voiture… »

__

Une enveloppe globale fixée, selon Jean-Jacques Vies, par le président du SYNCOPEX, Bruno Catton. « Avec une nuance , détaille Jean-Jacques Vies aux enquêteurs, je dirais une flexibilité liée aux frais de représentation. Tant que je restais dans l’enveloppe globale qui m’était allouée, cela ne posait pas de problème. En cas de dépassement, je devais justifier les raisons de ce dernier. »

__

L’utilisation de cette enveloppe financière pouvait revêtir de multiples aspects.

Caisses de vins, Hôtels parisiens, bars à hôtesses…

Ainsi, dans son enquête− détaillée dans un document du procureur fédéral du 11 mai 2009− le juge Jean-Claude Van Espen dresse la longue liste des petits et des gros « cadeaux » offerts à Karel Brus par le syndicat SYNCOPEX, à savoir :

« * Plusieurs nuits dans des hôtels parisiens ou autres, notamment,

  • la nuit du 22 mai au 23 mai 2001, une chambre simple à la résidence Foch pour une somme de 690 F ;

  • les nuits du 3 au 5 février 2003 à l’Hôtel Best Western pour une somme de 111 €/nuit ;

  • cinq nuits du 11 avril au 15 avril 2003 à l’Hôtel De Blanke Top de Cadzand-Bad [aux Pays-Bas] pour une somme de 1 454, 75 € ;

  • trois nuits du 11 janvier au 14 janvier 2001 à l’Hôtel Résidence Foch à Paris pour une somme de 1 324 F ;

  • la nuit du 22 au 23 mai 2001 à l’Hôtel Résidence Foch à Paris pour une somme de 751 € ;

  • la nuit du 3 juin 2002 à l’hôtel Best Western Résidence Impériale pour une somme de 107 € ;

  • de très nombreux déjeuners ou dîners dans des restaurants ou des bars à hôtesses offerts par J.-J. Vies à Karel Brus au nom de SYNCOPEX-SIGMA-UNION IN VIVO, correspondant en l’espèce à au moins 468 notes de frais d’une valeur totale de 77 637 euros pour la période entre le 2 avril 1999 et le 3 octobre 2003.

  • À de nombreuses reprises, des caisses de vins (Chablis –coopérative « La Chablisienne », Pouilly fumé, etc…), des bouteilles de Vieil Armagnac et de Champagne.

  • Un service à couverts de marque « Christofle » qui sera complété par la suite ; l’avantage offert à [Karel] Brus pouvant être évalué à 12 000 euros.

  • Trois ou quatre carafes et un porte-sucre argenté d’une valeur totale indéterminée acquis à Veere (Pays-Bas).

  • Un livre de collection du 18ème siècle faisant partie de la collection privée de [Jean-Jacques] Vies d’une valeur de 2000 BEF » [francs belges] »

Sans oublier :

« * A trois reprises en 2003, une somme de 750 euros donnée par [Jean-Jacques] Vies au nom de SYNCOPEX/UNION IN VIVO pour un montant total de 2 250 euros. »

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.