les contrôleurs aériens en grève le 12 juin prochain
les contrôleurs aériens en grève le 12 juin prochain © reuters

La grève pourrait être plus courte que prévue. Aujourd'hui, en France, près d'un quart de vols prévus a été annulé. Le syndicat autonome des contrôleurs du trafic aérien (SNCTA), majoritaire chez les aiguilleurs, prévoyait de poursuivre le mouvement jusqu'à jeudi, mais les ministres des Transports français et allemands sont intervenus auprès de la Commission européenne. Ils lui demande de reporter ses projets de libéralisation du contrôle aérien. Le SNCTA salue "une évolution encourageante" et lève donc son préavis pour la journée de jeudi.

Le mouvement doit toutefois se poursuivre demain, d'autres organisations ayant également appelé à la grève avec le SNCTA.

Le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier

Aujourd'hui, la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) a recensé 1.800 vols annulés alors qu'en moyenne "il y a 7.650 vols sur la journée". Mais, selon un porte-parole, la situation était "globalement assez calme dans les aérogares" en raison des mesures prises en amont et il n'y a "pas eu d'annulations à chaud", ni "de retards notables constatés".

La DGAC avait anticipé en demandant aux compagnies de réduire leur programme de vols de 50% pendant la grève dans certains aéroports : Roissy, Orly, Beauvais, Lyon, Nice, Marseille, Toulouse et Bordeaux. Les taux d'annulation allaient de 30% à 50% dans la plupart de ces aéroports. D'autres sites ont également été touchés comme Tarbes, Montpellier, Biarritz ou Perpignan, certains fermant même provisoirement leurs portes.

François Ballestero, secrétaire politique de la Fédération Européenne des travailleurs des transports, était l'invité de Philippe Abiteboul, dans le journal de 18h.

Outre le SNCTA, d'autres syndicats (CGT, CFDT, Unsa et FO) de la DGAC ont appelé à la grève pour la seule journée de demain, en coordination avec des membres de la Fédération Européenne des travailleurs des Transports (ETF). Des actions sont prévues dans 11 pays, mais en dehors de l'Hexagone, les transports devraient être moins affectés.

"Les yeux et les oreilles des contrôleurs"

Tous entendent dénoncer le projet de Bruxelles visant à créer un "ciel unique" européen. Ce plan, lancé il y a une dizaine d'années, a pour objectif de supprimer les frontières nationales dans les airs, tripler la capacité de l'espace aérien, réduire les coûts de gestion du trafic de 50% et réduire de 10% les incidences sur l'environnement. Mais il patine depuis son lancement en raison des réticences, voire du blocage, de nombreux Etats membres.

L'espace aérien de l'UE, qui compte 440 aéroports, est divisé en 650 secteurs et compte 60 centres de contrôles du trafic aérien gérés par 27 systèmes nationaux. Conséquence de cette fragmentation, les distances à parcourir sont plus longues car les contrôleurs ne sont pas en mesure de gérer plus d'un certain nombre de vols en même temps. "Ce qui nous pose problème, ce n'est pas le principe des règlements « ciel unique » qui visent à harmoniser la gestion de la navigation au niveau européen", explique Olivier Joffrin, responsable de l'Usac-CGT. Mais, ajoute-t-il, "ce qu'on n'accepte pas, c'est que la Commission utilise ce biais pour privatiser, et pousser à la libéralisation d'un certain nombre d'activités".

Il cite notamment les services qui s'occupent de l'entretien et de la maintenance des antennes radars, qui "sont clairement les yeux et les oreilles des contrôleurs". Pour Olivier Joffrin, externaliser de tels services présente un risque si la "chaîne de sécurité est complètement démantelée". En outre, les salariés de tels services, subissent "des menaces directes sur leur statut et leurs conditions d'emploi".

La Cour des comptes a épinglé à plusieurs reprises les personnels de l'aviation civile, relevant notamment en 2010, qu'ils étaient mieux payés que dans le reste de l'administration, mais sans gain de productivité. Sitôt la grève des contrôleurs achevée, la journée de jeudi sera marquée par une grève des cheminots contre la réforme du système ferroviaire annoncée par le gouvernement.

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