PARIS (Reuters) - Le directeur général de la police nationale, Frédéric Péchenard, estime qu'une nouvelle loi sur les factures de téléphone détaillées pourrait contribuer à équilibrer les besoins de la police et de la défense des libertés individuelles.

Un des plus célèbres magistrats français, le procureur de Nanterre (Hauts-de-Seine) Philippe Courroye, a été mis en examen mardi pour avoir fait examiner en 2010 des factures détaillées de téléphone ("fadettes") de deux journalistes du quotidien "Le Monde".

Il s'agit de la seconde personnalité proche du chef de l'Etat mise en cause dans les affaires de "fadettes" de journalistes, après le patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), Bernard Squarcini, poursuivi depuis octobre dans une affaire voisine et au sein de laquelle Frédéric Péchenard a échappé aux poursuites.

"La facture détaillée est un outil d'enquête important. La loi de 1991 (actuellement en vigueur, NDLR) a été votée à une époque où les téléphones portables, la facturation détaillée, la géolocalisation des appareils n'existaient pas.", explique Frédéric Péchenard dans un entretien accordé au Journal du Dimanche.

"Donc, cette loi fait l'objet d'interprétations. Faut-il légiférer à nouveau ? Sans doute. En tout cas, il faut trouver un équilibre entre les besoins des policiers et la défense des libertés individuelles. La police doit être encadrée par la loi. Mais il faut aussi que l'on puisse être réactif. Notamment en matière de terrorisme."

Frédéric Péchenard ajoute que la DCRI ne s'est pas livrée à des écoutes téléphoniques illicites, en dépit des accusations portées par des journalistes du "Point" et du "Canard Enchaîné" dans un ouvrage publié récemment et intitulé "L'espion du président".

Matthias Blamont, édité par Jean-Loup Fiévet

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