Le latin, une langue morte ? Certainement pas, selon le Vatican en tout cas. Pour contrer le déclin de cette langue millénaire, le pape Benoît XVI, très attaché à l’usage de la langue latine, a décidé de lancer une nouvelle Académie de la langue latine, pour “rendre la langue plus vivante”, et plus “ouverte aux nouveaux médias”.

Le site web du Vatican, en version latine
Le site web du Vatican, en version latine © Radio France / Capture d'écran

A l’heure actuelle, c’est la Fondation Vanitas qui est chargée d’actualiser le vocabulaire Latin, en traduisant les mots du XXIe siècle - avec un site web au look so 1.0. Résultat : le Lexico Recentis Latinatis, qui propose en ligne des traductions pour les mots d’aujourd’hui. Où on apprend, donc, qu’un ordinateur se dit instrumentum computatorium , qu’il vous permettra de vous connecter sur inter rete (internet) pour envoyer des inscriptio cursus electronici. Des e-mails, en somme.

Que ceux qui pensent que ce n’est pas la peine d’avoir appris le Latin si ça ne sert plus à rien se rassurent : sur le web, parler Latin, c’est tendance. Jules César, s’il revenait aujourd’hui, s’y retrouverait sans problème grâce à une version de Google écrite (partiellement) en langue latine, et à un (approximatif) outil de traduction.

La page d'accueil de Google, en Latin
La page d'accueil de Google, en Latin © Radio France / Capture d'écran

Caesar pourrait également parfaire sa connaissance de l’histoire du rock sur Vicipædia, une version latine de Wikipedia. Et même envoyer un titillus à Marc-Antoine, sur Facebook en Latin. Oui, un titillus ; c’est le terme latin pour poke .

Le Lorem ipsum, un texte qui attire l'attention sur la mise en page
Le Lorem ipsum, un texte qui attire l'attention sur la mise en page © Fotolia

Sans oublier que l’un des textes les plus répandus sur le net est un texte latin. Le fameux “Lorem ipsum”, ce faux-texte utilisé par les graphistes pour combler un espace vide dans une mise en page. Si la version communément utilisée ne signifie rien (“Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit”), il s’agit à l’origine d’un texte on ne peut plus sérieux, tiré d’un écrit de Cicéron : “Neque porro quisquam est qui dolorem ipsum quiadolor sit amet, consectetur, adipisci velit...”, soit en Français, “Il n’est personne qui aime la souffrance pour elle-même, ni qui la recherche, ni qui la veuille pour ce qu’elle est” .

Conclusion : le latin est résolument moderne. Enfin, peut-être pas pour tout le monde. Pour nos collégiens, la langue de Virgile risque fort de rester celle que l’on apprend à grands coups de déclinaisons. Rosa, Rosa, Rosam, comme chantait Jacques Brel.

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Dossier_lien_chronique_netplusultra © Radio France
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