PARIS (Reuters) - Un accord de fin de conflit a été signé lundi entre quatre syndicats et les entreprises de sûreté aéroportuaires françaises après onze jours d'une grève qui a conduit le gouvernement à faire intervenir les forces de l'ordre dans les aéroports.

Le ministre des Transports Thierry Mariani et la ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, qui avaient nommé deux médiateurs pour ce conflit, ont exprimé leur satisfaction.

"Cet accord permet une reprise du trafic aérien dans les meilleures conditions au lendemain des fêtes de Noël", écrivent-ils dans un communiqué.

Cet accord est accepté par les syndicats FO, CFTC, CFDT et Unsa. D'autres organisations, dont la CGT et Sud réservent encore leur position, dit Sud dans un communiqué.

La grève n'est donc pas tout à fait finie, d'autant que, plus tôt dans la matinée, les agents de sécurité ont reconduit leur grève lors d'un vote à Roissy.

Mais le mouvement n'a pas d'incidence sur le trafic aérien français, en particulier à Roissy-Charles-de-Gaulle.

L'accord proposé prévoit, selon Sud, une prime annuelle de "performance" uniforme de 500 ou 800 euros, ainsi que l'augmentation d'autres primes, ainsi qu'une négociation ultérieure sur les conditions de travail. Les grévistes, qui réclamaient des augmentations de salaires de 200 euros par mois, n'ont donc pas totalement obtenu gain de cause.

Le mouvement, qui avait débuté le 16 décembre, s'est traduit surtout par des retards et quelques annulations de vols.

Il avait donné des signes d'essoufflement dimanche, le pourcentage des grévistes étant tombé à 38%.

Mais des salariés voulaient travailler le jour de Noël, qui est beaucoup mieux payé, et comptaient reprendre la grève lundi, ont expliqué des syndicalistes.

SERVICE MINIMUM

Eric Biro, de l'Unsa-FMPS, premier syndicat de la branche, s'était interrogé cependant lundi matin sur la poursuite de la grève, soulignant que le mouvement "s'effritait" et que les salariés avaient perdu beaucoup d'argent.

En dépit de la poursuite de la grève, les services étaient proches de la normale dans les aéroports parisiens, a-t-on appris lundi avant l'accord auprès des Aéroports de Paris, la société qui gère les aéroports franciliens de Roissy-Charles-de-Gaulle et d'Orly.

En dépit des protestations des syndicats, y compris dans la police, le gouvernement avait mis à exécution la semaine dernière sa menace de demander aux forces de l'ordre de se substituer aux grévistes afin que les passagers ne soient pas "pris en otage" pour Noël.

Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, s'est de nouveau déclaré favorable samedi à l'instauration d'un service minimum dans les aéroports, par le vote d'une loi l'année prochaine avant la présidentielle du printemps.

Ce projet du gouvernement suscite de vives réactions des syndicats, qui le ressentent comme une atteinte au droit de grève après l'appel aux forces de l'ordre à Roissy.

Des recours ont été introduits devant les tribunaux contre cette décision du gouvernement critiquée par l'opposition.

Le gouvernement assure de son côté assurer légalement une mission de service public seulement déléguée au privé. Une loi votée en 2007 a prévu des dispositifs de prévention des conflits dans les transports terrestres, où il n'existe toutefois toujours pas de service minimum.

Un préavis de grève a été déposé par plusieurs syndicats du secteur aérien, dont le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), du 6 au 9 février, pour protester contre la proposition de loi visant à encadrer le droit de grève dans ce secteur déposée par le député UMP Eric Diard.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.