jean-marc ayrault demande la dissolution d'un groupe d'extrême droite
jean-marc ayrault demande la dissolution d'un groupe d'extrême droite © reuters

Dissoudre Troisième voie. Plusieurs personnalités politiques avaient déjà affirmé cette volonté d'en finir avec ce groupe d'extrême droite, après la rixe qui a coûté la vie à Clément Méric la semaine dernière.

La mort, mercredi à Paris, de cet étudiant à Sciences-Po, militant "antifasciste", a suscité une vive émotion au sein de la classe politique.

Les cinq suspects déférés au Parquet dans la nuit de vendredi à samedi ont indiqué aux enquêteurs être des sympathisants du groupe "Troisième Voie", affilié aux JNR.

Cette fois, c'est Jean-Marc Ayrault qui fait à son tour vers la disparition de ce groupe. Le Premier ministre a annoncé cet après-midi à l'Assemblée nationale qu'il lançait une procédure pouvant aboutir à la dissolution de Troisième voie et d'autres "groupements" de cette mouvance. "On n'avait pas le droit de brutaliser jusqu'à la mort" le militant anti-raciste, décédé le 6 juin à l'âge de 18 ans, a-t-il regretté. "Le gouvernement est déterminé à agir. (...) Je fais toute confiance à la justice pour que les auteurs soient condamnés sévèrement", a-t-il ajouté, interrogé par la députée PS Patricia Adam lors de la séance de questions au gouvernement.

Jean-Marc Ayrault, face aux députés

Le Premier ministre a rappelé la procédure contradictoire lancée le week-end dernier contre les Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR), un groupe de 20 à 30 personnes qui constitue une sorte de service d'ordre de Troisième Voie. "La même phase contradictoire sera également engagée pour le groupe Troisième Voie et pour tous les groupes, associations et groupements d'extrême droite contraires aux valeurs et aux lois de la République", a-t-il précisé dans l'Hémicycle.

Le groupe Troisième voie est dirigé par le skinhead Serge Ayoub, alias "Batskin". Les personnes mises en examen après le décès de Clément Méric, dont l'auteur présumé des coups mortels, sont des sympathisants de ce groupe.

Serge Ayoub, au micro de Géraldine Hallot

"C'est à l'issue de cette procédure contradictoire, si elle s'avère à conduire à la dissolution, que le président de la République prendra un décret en Conseil des ministres", a-t-il ajouté.

La référence à des groupes "d'extrême droite" a entraîné des réactions sur les bancs de l'opposition, certains députés évoquant à haute voix les groupes d'extrême gauche. Jean-Marc Ayrault les a en retour invités à faire preuve d'"un peu de dignité".

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