L'Élysée annonce la création d'une "task force", appelée "centre national de contre-terrorisme", composée d'une vingtaine d'agents, au lieu de 100 parfois évoqués.

La DGSE et la GDSI seront coordonnées depuis cette task force.
La DGSE et la GDSI seront coordonnées depuis cette task force. © Maxppp / IAN LANGSDON/EFE/Newscom

C'était une promesse d'Emmanuel Macron, soufflée par Jean-Yves Le Drian. Le conseil de Défense a validé ce mercredi la mise en place d'une "task force", quelques jours après l'attentat de Londres. Le nom exact sera " centre national de contre-terrorisme"

Une structure... dans une autre structure

Concrètement, ce centre sera chargé de la coordination des services de renseignements, c'est à dire de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) et de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Il devra proposer au Président des plans d'action concertés sur l'action des services de renseignement et en rendra compte chaque semaine au Conseil de Défense, où s'élabore la stratégie de lutte contre le terrorisme.

Jean-Yves Le Drian assure qu'il sera spécifiquementdédié à la lutte contre le terrorisme et qu'il pourra "réagir dans des délais très rapides" après une attaque. Cette task force sera placée sous l'autorité directe du Président de la République.

Mais elle sera aussi intégrée sein d'une structure existante : la Coordination nationale du renseignement (CNR).
Créee le 23 juillet 2008, la CNR, rattachée également à l'Élysée, s'assure de la coordination des six services constituant la communauté française du renseignement (DGSE, DGSI, DRM, DRSD, DNRED et Tracfin). On se demande alors ce qu'elle pourra apporter de plus et si les deux structures ne vont pas devenir concurrentes.

Une nouvelle couche décisionnelle ?

L'Elysée se défend en tout cas de créer une usine à gaz, "l'objectif n'est pas de créer une nouvelle couche" mais de "décloisonner" les différents services de renseignement.

L'objectif est d'assurer une plus grande fluidité entre les entités, qui, on le sait ne partagent pas forcément leur données et ne travaillent non plus de la même façon.

Reste qu'après l'attentat de Londres, c'est surtout la question d'un renforcement de la coopération européenne qui est posée.

Effectif réduit

Alors que l'on parlait parfois de 50 à 100 agents, l'Élysée annonce que ce centre national de contre-terrorisme comptera une vingtaine de personnes ; des représentants des différents services et des analystes. Il pourrait cependant s'étoffer car il va fonctionner 24 heures sur 24.

On peut imaginer qu'à terme les différentes structures de coordination existantes puissent être absorbées ou appelées à d'autres missions pour éviter les doublons.

Ce "centre national du contre-terrorisme" sera dirigé par Pierre de Bousquet de Florian, ex-numéro 1 de la direction de la Surveillance du territoire (DST), dont la nomination sera actée en conseil des ministres le 21 juin.

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