« Le plus désagréable et le plus désavouable a été de donner de l’argent, à un moment donné, à un fonctionnaire européen qui était particulièrement ciblé », reconnaît aujourd’hui Jean-Jacques Vies à notre micro.

Pour l’ancien lobbyiste de SYNCOPEX-UNION INVIVO, l’existence de la corruption dans la filière agricole ne lui laissait guère de choix pour emporter les marchés, face à la concurrence.

« Quand vous vous rendez compte que ‘‘vous ne passez plus’’, c'est-à-dire que vos informations arrivent trop tard, quand vous n’arrivez plus à donner les bons niveaux de prix pour vous permettre d’être plus performant afin d’obtenir les subventions nécessaires au bon travail de vos coopératives, (…) vous en arrivez au point de vous dire : ‘‘ Il faut verser de l’argent , nous confie Jean-Jacques Vies. C’est clairement de la corruption !’’ (…) C’est un système qui a été mis en place pour répondre aux concurrents, parce que je n’avais pas d’autres moyens (…) J’ai soumis cela à Paris. Cela à fait l’objet d’une note auprès du directeur financier-adjoint du groupe. Ça a été parfaitement accepté par le directeur financier qui a mit à ma disposition les fonds pour corrompre le fonctionnaire. (…) Le choix était le suivant : soit on ne le fait pas, on dénonce le système et on fout en l’air l’équilibre des marchés agricoles, soit on marche dans le système ! (…) Tous les secteurs d’activités à la Commission européenne sont touchés. Mais ça ne se dit pas, parce que les marchés et les intérêts nationaux et politiques sont énormes. Les syndicats agricoles sont puissants. C’est un système qui a été mis en place. »

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Ecoutez le témoignage de Jean-Jacques Vies…

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Corruption agriculture européenne 3 (Vies)

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