Benoit Hamon
Benoit Hamon © Silvere Gerard/Maxppp

Benoît Hamon, ministre délégué à la Consommation, assure qu'il n'y a pas de raison de douter de la bonne foi de la société roumaine qui a vendu la viande. Il ajoute que la société française Spanghero savait que la viande destinée aux plats préparés "pur boeuf" était du cheval. Spanghero est l'un des fournisseurs de l'industriel Findus.

Selon les premières conclusions de l'enquête française, le circuit de la viande de cheval a démarré il y a plusieurs mois et porte sur plus de 750 tonnes de viande. Sur cette période, le profit de la société Spanghero sur la période est estimé à 550.000 euros.

Benoît Hamon, ministre délégué à la Consommation

"Si la fraude est avérée, les auteurs seront traduits devant un tribunal correctionnel", a continué Benoît Hamon. Spanghero s'est rendu coupable d'une "tromperie économique" et sera poursuivi, a-t-il ajouté, en promettant "d'assainir la filière".

Les détails de la fraude, avec Philippe Lefebvre

Le directeur de Draap Trading (le trader chypriote qui a conclu les ventes) affirme au Guardian avoir bel et bien vendu de la viande de cheval à Spanghero: "J'étais 100% sûr que j'achetais du cheval. Nous l'avons vendu à Spanghero en France ainsi qu'à des clients en Belgique et aux Pays-Bas. Ça a été vendu comme du cheval. C'est très clair" affirme-t-il. Il explique s'être fourni auprès de deux abattoirs roumains en toute transparence : "quand ils livrent du boeuf, c'est du boeuf, quand ils vendent du cheval, c'est du cheval".

Les implications sanitaires

De son côté, Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, annonce que Spanghero, l'un des fournisseurs de viande de Findus, se voit retirer immédiatement l'agrément sanitaire qui lui permet de traiter de la viande. Dès vendredi, une brigade nationale de vétérinaires va être envoyée dans les locaux de l'entreprise située à Castelnaudary (Aude) pour poursuivre les investigations et expertises, dont les résultats devraient être rendus dans une semaine pour décider d'un retrait d'agrément définitif ou pas, a ajouté le ministre.

Ecoutez Jean-René Buisson, président de l'Association des professionnels de l'industrie alimentaire

Par ailleurs, les trois carcasses de cheval envoyées en France depuis des abattoirs du Royaume-Uni et contenant des traces de phénylbutazone ont été identifiées dans le Pas-de-Calais et "seront détruites", a annoncé Stéphane Le Foll. "Elles ne sont pas rentrées dans la chaîne alimentaire", a-t-il encore assuré. Les animaux traités à la phénylbutazone, un anti-douleur, ne sont pas autorisés à entrer dans la chaîne alimentaire.

Après le Royaume-Uni et la France, des barquettes de lasagnes mal étiquetées ont été retirées des rayons aujourd'hui en Allemagne. La Suisse et la Norvège sont également concernées.

La défense de Spanghero

A Castelnaudary, dans l'Aude, les salariés de Spanghero laissent paraître leur inquiétude. Leur entreprise est clairement montrée du doigt.

Le reportage de Stéphane Iglésis

Dans un communiqué, la société Spanghero dément les conclusions de l'enquête. Elle assure "n'avoir commandé, réceptionné et revendu que de la viande réputée de boeuf" et dûment étiquetée avec la mention +BF 90/10+ sur les fiches palettes", soit une viande de boeuf avec une teneur en matière grasse de 10%.

Concernant les factures du fournisseur, reçues plusieurs jours après chaque livraison, Spanghero explique qu'elles comprenaient des mentions inhabituelles, notamment huit chiffres "qui ne figurent usuellement pas sur les factures". Ce code à huit chiffres, 0205 0080, correspondrait à une norme internationale pour de la viande de cheval surgelée. Selon Spanghero, ces huit chiffres n'étaient pas précédés sur la facture de la mention "nomenclature". En l'absence de ce terme, ces chiffres ont été lus comme le code d'un article propre au fournisseur et "ne pouvaient pas être identifiés comme le code douanier désignant la viande de cheval", se défend la société.

Spanghero, qui assure avoir collaboré étroitement avec les enquêteurs de la répression des fraudes, rappelle avoir porté plainte contre X pour tromperie.

Arrestations de l'autre côté de la Manche

Au Royaume-Uni, où le scandale est né, trois hommes soupçonnés de fraude ont été arrêtés dans la soirée, selon la police britannique. Les arrestations ont eu lieu dans une usine anglaise et un abattoir gallois qui avaient été perquisitionnés mardi.

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