Une video mettant en scène les otages français enlevés au Cameroun, postée sur YouTube
Une video mettant en scène les otages français enlevés au Cameroun, postée sur YouTube © radio-france

C'est via une vidéo postée sur YouTube que le groupe islamiste Boko Haram a revendiqué l'enlèvement et la détention de sept otages français enlevés la semaine dernière dans le nord du Cameroun et conduits ensuite au Nigeria.

La famille Moulin-Fournier –un couple avec quatre enfants– et le frère du père de famille apparaissent dans cette vidéo. Tanguy Moulin-Fournier demande au nom de ses ravisseurs, la libération de plusieurs islamistes détenus au Cameroun et au Nigeria. Ensuite, l’un des ravisseurs menace de tuer les otages si les revendications du groupe ne sont pas satisfaites. La vidéo d'un peu plus de trois minutes, est tournée dans un lieu et à une date inconnus.

Une vidéo qui pose beaucoup de questions. Sébastien Laugénie.

Pour Jean-Marc Ayrault, le gouvernement a "désormais l'information que le groupe Boko Haram revendique la détention des otages probablement détenus au Nigeria".

Jean-Marc Ayrault

"Pour nous tous, ces images sont terriblement choquantes. Elles démontrent une cruauté sans limites", déclare le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, dans un communiqué. "Nous procédons aux vérifications nécessaires dans ces circonstances. Tous les services de l'Etat sont mobilisés pour libérer nos compatriotes".

La vidéo va notamment être "épluchée" par les services secrets français. Simon Tivolle.

De son côté, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian affirme "on ne négocie pas" avec ce type de groupes.

Revendications encore floues

S'adressant au président nigérian Goodluck Jonathan, le ravisseur dans la vidéo déclare: "Si vous voulez que ces Français soient libérés, alors libérez nos femmes que vous avez capturées".

Au président du Cameroun, il conseille: "Relâchez nos frères détenus dans vos prisons, tous sans exception". "Laissez-les partir rapidement ou vous verrez que vous aurez affaire à nous, comme ces gens que nous détenons."

"Le président français a déclaré la guerre à l'islam et nous le combattons partout", ajoute-t-il.

Mais qui sont ces ravisseurs et quelles sont leurs revendications réelles ? Décryptage avec Marc Antoine Pérouse de Monclos, spécialiste du Nigéria, chercheur à l'Institut de recherche pour le développement.

Et s'il s'agissait avant tout d'une affaire d'argent ? C'est ce que pense Christian Seignobos, chercheur à l'institut de recherche pour le développement.

Les ravisseurs des sept Français enlevés mardi dernier au Cameroun auraient été localisés dans l'Etat de Borno par les forces de sécurité nigérianes. Les otages et leurs ravisseurs se trouveraient entre les localités de Dikwa et de Ngala, dans l'extrême nord-est du Nigeria, selon une source proche des services de sécurité nigérians. Dikwa est distant de moins de 80 km de la frontière camerounaise, où les trois adultes et les quatre enfants français ont été enlevés le 19 février.

La région où les ravisseurs auraient été repérés est considérée comme appartenant à la sphère d'influence des mouvements islamistes Boko Haram et Ansaru, ce dernier ayant revendiqué dimanche l'enlèvement de sept étrangers qui travaillaient pour l'entreprise de construction libanaise Setraco dans l'Etat nigérian de Bauchi.

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