Le procès de l'accident qui avait coûté la vie, en 2007, à deux adolescents juchés sur une moto à Villiers-le-bel s'ouvre aujourd'hui à Pontoise. Le policier qui conduisait la voiture comparaît pour "homicide involontaire".

La mort de Moushin et Laramy, âgés de 15 et 16 ans, avait déclenché deux jours d'émeutes violentes dans la ville. Plus de cinq ans après les faits, au bout d'un long parcours judiciaire (non lieu, appel, etc... ), le policier qui conduisait la voiture comparaît devant le tribunal correctionnel, pour "homicide involontaire". Le conducteur était en effet en excès de vitesse, 64 km/h au lieu de 50. De leur côté, adolescents roulaient sans casque, sur une moto et ont refusé la priorité.Les précisions de Corinne Audouin

Villiers le Bel - 2008
Villiers le Bel - 2008 © Rémi Bridot / Rémi Bridot

Les quatre policiers présents à bord du véhicule lors de l'accident avaient d'abord bénéficié d'un non-lieu, les juges estimant qu'aucune faute ne leur était imputable. L'enquête établissait alors que, malgré un excès de vitesse, l'arrivée de la moto, qui devait la priorité à l'automobile, était "imprévisible" et "irrésistible".

Celle-ci, qui n'était pas homologuée pour circuler sur les routes, et dont les passagers ne portaient pas de casque, circulait à vive allure, avec un système de freinage hors d'état, selon l'expertise. Mais suite à un appel des parties civiles, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Versailles a décidé en septembre 2011 le renvoi du conducteur de la voiture devant le tribunal correctionnel de Pontoise.

Âgé de 36 ans, il est soupçonné de n'avoir pas pris toutes les précautions qui auraient permis d'éviter la mortelle collision. Son avocat, Frédéric Champagne, a refusé de s'exprimer avantl'ouverture des débats.

"Ce qu'on attend, c'est que le tribunal dise le droit et dise enfin la vérité judiciaire de ce dossier", a de son côté déclaré l'avocat des plaignants, Me Emmanuel Tordjman.

"Les familles aimeraient un peu d'empathie, de compassion", a-t-il ajouté, évoquant un "parcours judiciaire" qui dure depuis plus de cinq ans.

Le procès du policier, qui doit se dérouler sur deux jours, avait été reporté en juin dernier car le prévenu était mis en examen pour faux témoignage, une instruction qui s'est depuis soldée par un non-lieu.

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