un policier jugé pour les morts de villiers-le-bel
un policier jugé pour les morts de villiers-le-bel © reuters

Le parquet a requis vendredi la relaxe du policier poursuivi pour la mort de deux adolescents dans un accident de la route ayant entraîné plusieurs jours d'émeutes à Villiers-le-Bel (Val-d'Oise) en 2007. Le jugement a été mis en délibéré au 13 septembre.

Franck Viallet, qui conduisait le véhicule entré encollision avec la moto des deux jeunes gens, est soupçonné d'avoir commis des fautes ayant joué "un rôle direct, déterminant et essentiel dans la production du dommage."

Le décès des adolescents de 15 et 16 ans avait provoqué deux nuits d'échauffourées à Villiers-le-Bel et d'autres villes du Val-d'Oise. Des tensions étant nées le soir-même, la police n'a pu faire les constatations que près de 8 heures après les faits.

Corinne Audouin suit l'audience à Villiers-le-Bel

Le procureur Henri Génin a déclaré :

Dire la vérité à des familles éplorées, ce n'est pas facile. L'émotion et la colère se sont exprimées, le temps de la raison, qui est aussi celui de la justice, est maintenant venu

Henri Génin, qui a exprimé sa "perplexité" face à certaines conclusions de l'expertise, a estimé que le doute devait profiter au prévenu. "La faute pénale d'imprudence se définit en droit mais s'apprécie en conscience ", a-t-il conclu, disant ne pas pouvoir requérir la condamnation pénale du prévenu.

Me Frédéric Champagne, avocat du policier, s'est réjoui de ce réquisitoire.

L'analyse du ministère public est celle que nous partageons (...) depuis sa mise en examen.

Moushin et Lakamy, morts à Villiers-le-Bel
Moushin et Lakamy, morts à Villiers-le-Bel © Radio France / Max PPP

Certains proches des victimes se sont pour leur part dits en "état de choc". "On sait que c'est son rôle de procureur, on l'accepte mais c'est dur à entendre", a réagi Omar, frère aîné de l'un des deux jeunes qui ont trouvé la mort dans l'accident. Je ne m'attendais pas à ce qu'il remette le rapport d'expertise en question." L'expertise a montré qu'il roulait à 59 km/h juste avant l'accident et à 64 km/h au moment du choc, soit au-delà de la vitesse maximale autorisée en ville. Au moment de l'accident, les policiers, en patrouille, se rendaient sur les lieux d'un vol pris en charge par la Brigade anticriminalité. N'étant pas en mission urgente, ils n'avaient activé ni gyrophare ni avertisseur sonore.

La moto n'était quant à elle pas homologuée pour circuler sur les routes et ses passagers ne portaient pas de casque. Elle circulait à vive allure (66km/h estimés), avec un système de freinage hors d'état, a rappelé l'expert. Les parties civiles ne contestent pas ces fautes, mais estiment que les fautes commises par le prévenu ont été déterminantes dans le choc.

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