Le ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon, s'est dit prêt lundi à ouvrir des discussions dès janvier prochain sur la revalorisation des salaires des enseignants à l'occasion du lancement de la campagne de recrutement de nouveaux professeurs. Dans un amphithéatre de la Sorbonne, Vincent Peillon s'est mué ce matin en recruteur en chef.

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A la question, faut-il revaloriser le salaire des enseignants, Vincent Peillon a répondu positivement ce matin mais sans réellement s'engager. "Ma porte est ouverte, je suis prêt à partir de janvier 2013 à ouvrir la grande négociation qui n'a jamais eu lieu dans ce pays, sur la refondation du métier d'enseignant", a-t-il ajouté.

Vincent Peillon
Vincent Peillon © IP3 PRESS/MAXPPP / Christophe Morin

Le président proclamé de l'UMP Jean-François Copé a dit voir dans les propos du ministre de l'Education un nouveau "couac" dans la communication gouvernementale. "Je pense que M. Ayrault, après s'être occupé des contradictions de M. Montebourg doit s'occuper maintenant de celles de M. Peillon", a-t-il dit lors d'un point presse, faisant référence au plaidoyer du ministre du Redressement productif en faveur d'une nationalisation temporaire du site ArcelorMittal de Florange. "C'est en contradiction totale avec les orientations budgétaires présentées par M. Ayrault. Je demande donc que M. Ayrault recadre très rapidement M. Peillon comme il l'a fait avec M. Montebourg", a-t-il ajouté, selon une transcription écrite de ce point presse.

" Priorité des plus hautes autorités de l'Etat"

Les jeunes enseignants seront désormais payés à plein temps pour faire un demi-service la première année, a indiqué lundi Vincent Peillon. Pour faire au manque de candidats, le gouvernement lance ce lundi une campagne nationale de recrutement des enseignants.Quelque 43.000 postes seront ainsi ouverts aux concours externes en 2013, contre 16.000 en 2012, et 21.350 en 2014. Le ministre de l'Education avait annoncé en septembre le recrutement de près de 40.000 professeurs en 2013 dans le cadre de la promesse de campagne de François Hollande de créer 60.000 postes dans l'éducation pendant son quinquennat.

"Il est important que (les enseignants) sachent qu'ils sont la priorité des plus hautes autorités de l'Etat" a estimé Vincent Peillon, qui a fait état de pénurie de candidats dans certaines disciplines, notamment en anglais, mathématiques et lettres modernes.

Selon un sondage CSA commandé par le ministère de l'Education nationale, le métier d'enseignant est perçu de manière positive par 81% des Français et comme une profession d'avenir pour 78%. Quelque 76% des personnes interrogées indiquent par ailleurs qu'elles seraient fières si leur enfantdevenait enseignant.

(Marine Pennetier, avec Chine Labbé, édité par Yves Clarisse)

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