La prison des Baumettes propose un des conditions d'hébergement "très dégradées"
La prison des Baumettes propose un des conditions d'hébergement "très dégradées" © Maxppp

Un réfrigérateur infesté de cafards, araignées et cloportes. Des murs sales. Pas de lumière, une chasse d'eau défectueuse. Cette cellule du centre pénitentiaire des Baumettes, à Marseille, est l'une des deux pointées du doigt par le contrôleur des prisons.

Dans des recommandations urgentes, rendues publiques ce jeudi, Jean-Marie Delarue (Contrôleur général des lieux de privation de liberté) s'inquiète d'un hébergement "très dégradé" . Mais aussi d'une pénurie d'activités et d'une violence omniprésente au quotidien dans la prison. bref, de conditions de détention "inhumaines" .

Ecoutez Jean-Marie Delarue au micro de Corinne Audouin.

Le constat a été dressé par une vingtaine de contrôleurs, qui ont visité la prison entre le 8 et le 19 octobre. Ils y ont recensé de nombreux détails qui, réunis, constituent "une violation grave des droits fondamentaux" .

"Naturellement, il faut exécuter la peine. Mais est-ce qu'il est prévu dans le Code pénal aujourd'hui que l'on puise l'eau dans les toilettes ?" , s'indigne Jean-Marie Delarue. "Nous n'avions jamais rencontré une telle situation ailleurs en métropole" .

"Depuis deux ans, les rats pullulent, même en journée"

Sur les 98 cellules contrôlées lors de leur passage, les inspecteurs n'en ont trouvé que "neuf n'appelant aucune observation sérieuse" . Dans le reste du bâtiment, l'électricité est défectueuse, plusieurs douches ne fonctionnent pas, et "depuis deux ans, les rats pullulent", obligeant les surveillants à faire des rondes "en tapant des pieds" .

Ce rapport ne fait que confirmer ce que les détenus dénoncent déjà depuis longtemps, Isabelle Dor.

La prison des Baumettes, à Marseille, comprend une maison d'arrêt des hommes (quatre bâtiments), et un centre pénitentiaire pour femmes, un centre pour peines aménagées et un centre de semi-liberté. Elle héberge 1.769 détenus pour 1.190 places. C'est l'une des rares prisons de la région en gestion publique, ses crédits ont été diminués de 26% en deux ans pour les crédits de maintenance courante, -58% pour le budget "hygiène et propreté des détenus" entre 2011 et 2012.

Le texte rappelle que les travaux de reconstruction du centre pénitentiaire pour femmes et de la maison d'arrêt pour hommes vont commencer en 2013, mais "ce projet laisse intacte la maison d'arrêt des hommes" , note le contrôleur. C'est la seconde fois qu'il utilise cette procédure d'urgence.

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