Salle 1 : les origines de la veduta et la jeunesse de Canaletto

L’exposition s’ouvre sur une présentation des grands maîtres vénitiens parmi lesquels Canaletto a fait ses débuts comme védutiste. En mettant en exergue ses liens avec les illustres précurseurs du genre, l’exposition montre que Canaletto s’inscrit dans une tradition picturale qui s’est développée tout au long du XVIIIe siècle.C’est avec Gaspar van Wittel (1652/3-1736), qui découvre Venise à la fin du XVIIe siècle, que naît le genre de la veduta. Sa contribution est essentielle et son enseignement technique, associant l’usage de la camera obscura et la réalisation méthodique de dessins préparatoires, a eu une grande influence sur les autres védutistes. Luca Carlevarijs (1663-1730) a ainsi poursuivi cette approche scientifique, en l’enrichissant de sa passion pour la représentation des figures.Les tableaux de jeunesse de Canaletto (1697-1768) illustrent quant à eux le sens de la perspective, le style et le goût pour les figures qui distinguent déjà l’artiste au début de sa carrière. Avec sa virtuosité, Canaletto donne un souffle nouveau à la veduta, qui connaît grâce à lui un épanouissement sans précédent. Tout en travaillant, comme ses aînés, l’art de la composition et de la perspective , le jeune Canaletto accorde une place particulière à la lumière et aux effets atmosphériques, comme en témoigne l’Entrée au Grand Canal, avec Santa Maria della Salute, vers l’ouest (Musée des Beaux-arts de Grenoble).

Salles 2, 3 et 4 : Canaletto et Guardi, deux regards sur Venise

Guardi (1712-1793) commence à peindre au moment où Canaletto connaît déjà un grand succès. Si Canaletto accorde, tout au long de sa carrière, une place toujours plus importante au travail de la perspective et à la précision quasi scientifique de la transcription du réel, Guardi va renouer avec le goût des effets atmosphériques que cultivait Canaletto à ses débuts (Canaletto, La Place Saint-Marc, vers l’est, huile sur toile, Madrid, Musée Thyssen-Bornemisza). Chacun à leur manière, Canaletto et Guardi représentent l’expression la plus aboutie de l’art de la veduta . C’est pourquoi l’exposition propose de mettre en regard les oeuvres majeures de ces deux maîtres, pour montrer les liens profonds qui les unissent, mais aussi ce qui les distingue.

Canaletto - La Place Saint Marc - 1740 - Paris, Musée Jacquemart-André – Institut de France
Canaletto - La Place Saint Marc - 1740 - Paris, Musée Jacquemart-André – Institut de France © Studio Sébert Photographes

Chacune de ces trois salles, 2, 3 et 4, confronte les oeuvres des deux artistes, thème par thème : la Place Saint-Marc, le Grand Canal, les campi ou les canaux vénitiens . La confrontation de leurs tableaux et dessins montre une forte filiation, mais aussi de réelles différences, et cherche à pénétrer l’essence de leur interprétation personnelle. Dans les salles 3 et 4 , sont associés à ce face à face deux autres grands védutistes, Michele Marieschi (1710-1743) et Bernardo Bellotto (1722-1780), neveu et disciple de Canaletto, qui jouent un rôle majeur dans la diffusion et le développement de la veduta. Chacun de ces artistes a une identité forte et propose une image différente et renouvelée de Venise. Si la Sérénissime est toujours le thème de leurs représentations, elle donne lieu à d’infinies variations et déclinaisons, et devient pour eux un objet poétique, support de leur créativité.Sensible à la maîtrise de la perspective de Canaletto et à son sens de la mise en scène, Francesco Guardi s’est, à de nombreuses reprises, inspiré des compositions de son célèbre prédécesseur. Mais il sait également y apporter de subtiles inflexions : à la recherche d’une lumière naturelle et au grand soin apporté aux détails chez Canaletto répondent sa fantaisie et sa sensibilité. Considérés comme les plus grands védutistes, Canaletto et Guardi incarnent aussi les deux grandes tendances de l’art de la veduta : d’un côté la minutie scrupuleuse et scientifique de Canaletto, de l’autre la recherche de l’émotion.

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