Salle 5 : le triomphe de Guardi

Cette salle rassemble quelques-unes des oeuvres les plus emblématiques de Francesco Guardi . Dans ces oeuvres, l’artiste donne toute sa mesure à travers des ciels chargés de nuages ou dorés par le soleil couchant. La touche se fait plus vive, l’architecture est plus esquissée entre le ciel et l’eau. La façade élégante des ambassades voisine avec une Venise plus pittoresque où le linge sèche aux fenêtres (cf. Guardi, Le Canal de Cannaregio, avec le Palazzo Surian-Bellotto, l’ambassade de France, huile sur toile, New York, The Frick Collection). L’approche savante, inspirée des Lumières, qui caractérisait la peinture de Canaletto cède le pas, chez Guardi, à la recherche de l’émotion et de l’impression.

Salle 6 : les charmes de la lagune

Élément incontournable de l’imaginaire vénitien, la lagune a inspiré tous les védutistes, mais c’est Canaletto et Guardi qui ont su en donner les images les plus poétiques. Dans ses vues de la lagune, Canaletto conçoit de délicates compositions, où l’immensité des cieux se mêle à celle de l’eau, pour créer de subtils paysages.S’inspirant des dessins de Canaletto, Francesco Guardi fait lui aussi de la lagune l’un de ses thèmes de prédilection, pour créer une série de tableaux qui comptent parmi les plus beaux de sa jeunesse.À l’instar de Canaletto, il s’agit moins pour lui de décrire Venise que de mettre à l’honneur de vastes ciels dominant les eaux mouvantes de la lagune. L’artiste joue alors sur les effets atmosphériques pour souligner l’importance de la lumière, avec des vues tantôt claires et colorées (cf. Guardi, Le Canal de la Guidecca et le Zattere, huile sur toile, Madrid, Collection Carmen Thyssen-Bornemisza), tantôt sombres et brumeuses.

Salle 7 : splendeur des fêtes et des cérémonies à Venise

Canaletto - La Régate sur le Grand Canal Vers 1732
Canaletto - La Régate sur le Grand Canal Vers 1732 © The Bowes Museum, Barnard Castle, County Durham, England

Dans l’esprit des riches voyageurs européens qui furent les principaux commanditaires des védutistes, l’image de Venise est indissociable des festivités qui l’animent. Les fêtes religieuses ou l’arrivée d’ambassadeurs prestigieux sont autant d’occasions de mettre en scène les fastes qui firent la célébrité de la Sérénissime (cf. Canaletto, Régate sur le Grand Canal, huile sur toile, Burham, The Bowes Museum).Pour Canaletto et Guardi, ces cérémonies sont aussi des sujets privilégiés qui leur offrent l’opportunité de représenter, au coeur d’une foule nombreuse et bigarrée, des monuments ou éléments d’architectures d’une grande force décorative. Sur les places, dans les églises ou sur les canaux, Canaletto et Guardi ont ainsi su immortaliser l’enchantement et l’élégance incomparables du XVIIIe siècle vénitien.

Salle 8 : les caprices, une Venise imaginaire

Francesco Guardi - Caprice vénitien avec un portique vers 1778-1780 Gouache sur carte
Francesco Guardi - Caprice vénitien avec un portique vers 1778-1780 Gouache sur carte © Paris, Musée Jacquemart-André – Institut de France © Studio Sébert Photographes

La vision précise et minutieuse des lieux emblématiques de la Venise du XVIIIe siècle est caractéristique de l’art de la veduta, mais les artistes se consacrent également à la réalisation de poétiques caprices, qui sont autant de vues imaginaires de la ville (cf. Guardi, Caprice vénitien avec un portique, gouache sur carte, Paris, Musée Jacquemart-André, Institut de France).Sous leurs pinceaux, Venise se métamorphose. Apparaissent des places et des rues au décor spectaculaire et fantaisiste, mais aussi de grands paysages où une végétation luxuriante se mêle aux ruines (cf. Canaletto, Caprice avec architectures en ruine, huile sur toile, Collection privée, Suisse). Ces compositions aux architectures réinventées dessinent un autre visage de la veduta, aussi fantasque que séduisant (Bellotto, Caprice avec un arc de triomphe sur le bord de la lagune, huile sur toile, Asolo, Museo Civico).Trop peu connue, cette part importante de la production des védutistes leur permet de laisser libre cours à une verve romanesque et créative. Giovanni Panini est précurseur dans le genre du caprice.Le Musée Jacquemart-André en possède un exemple remarquable dans le Salon de Musique.

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