Vive Cantona ! Canto donne rendez-vous aux déposants d’argent le 7 décembre pour retirer le liquide déposé. Imaginons que tout le monde l’écoute. Il y a environ deux cents vingt milliards en compte de dépôt. Combien les banques ont-elles en caisse ? 5 ? 10 ? Allez : disons vingt. Grand maximum. Donc elles ne peuvent pas faire face à la demande. Mais pourquoi les banques ont-elles si peu en caisse, alors que lorsque votre salaire est déposé en banque, vous avez parfaitement le droit d’aller le retirer dans sa totalité ? Parce que précisément, vous ne retirez pas votre salaire pour effectuer jour après jour vos achats, mais payer en carte bleue ou par chèque. Dans toutes les transactions commerciales qui sont faites tous les jours entre les français, peut-être 10% sont effectuées en liquide. Les français aiment bien payer par carte bleue ; les allemands beaucoup moins. Les banques allemandes ont donc plus de cash disponible que les françaises. Comme les français laissent leur argent en banque, les banques le « transforment » : ce cash, disponible au jour le jour, elle le transforment en emprunts à 10, 20, 30 ans... Si une banque sait qu’elle à 1000 en moyenne pendant un an, et que les français n’en retirent que 10%, soit 100, elle peut prêter 10000 sur un an moins 1000, donc faire un crédit de 9000, dont prêter sur 30 ans 270000. Ainsi vous avez déposé 100, et la banque, elle, prête 270000. Ca s’appelle l’effet de levier, ou le « multiplicateur de crédit ». Sachat que la banque vous pique 5% ou plus d’intérêt sur ce crédit énorme, qu’elle revend aussitôt à la BCE pour un taux de l’ordre de 1%, la banque a fait un gros profit sans rien faire. D’où l’idée des gens du site « bankrun » : faire en sorte que les banques ne prêtent que la valeur de ce qu’elles ont en caisse, pas plus. Hélas, ça ne se passe pas comme ça, mais en sens inverse : la banque fait d’abord un crédit de 270000, à partir de rien, ce crédit sert à acheter une maison, cette maison est construite par des salariés, et les salariés déposent 10% par an en banque ce qui permet à la banque d’assumer le crédit qui a anticipé le fonctionnement de l’économie : les prêts font les dépots et non l’inverse. Le crédit fait l’économie ; ce n’est donc pas l’épargne qui fait le crédit, comme le croient encore Lagarde et Sarko (et les banquiers et les rentiers ne leur ouvrent évidemment pas les yeux). Mais pour l’opération Cantona cela revient au même : si l’on réclame 100% de ses sous, au lieu de 10%, le système s’écroule. Les banques font alors jouer des clauses de sauvegarde (elles coupent les remboursement et demandent des délais). Si Cantona et les siens se pressent toujours au guichete, les banques font faillite, sont nationalisées, et les déposants se retrouvent avec ce que garantit la loi française, 100000 euros au maximum. Et après ? Après les déposants redéposent leurs sous dans les banques nationalisées. Comme les banques sont nationalisées, elles font le crédit au minimum en faveur des consommateurs-citoyens (elles ne jouent plus sur les différences honteuses entre le taux de refinancement (le taux de la BCE) et le taux des prêts aux particuliers). Elles ne spéculent plus (ne jouent plus pour leur propre compte), sauf si elles sont dirigées par des guignols comme Haberer, ex patron du Lyonnais, qui faisait le funambule à Hollywood. Elles redeviennent « coopératives », comme la Banque populaire et les Caisses d’Epargne avant de fabriquer Natixis. Elles ne vont plus dans les paradis fiscaux blanchir l’argent de la traite des blanches et permettre aux entreprises et aux grosses fortunes de frauder le fisc. Les banquiers sont aimés. Les femmes les embrassent comme les GI en 1945. Certaines se donnent à eux. Luce Lapin leur fait signer sa pétition contre la corrida. On danse la Carmagnole avec eux en chantant « A bas les taux d’intérêt, Vive Cantona. »

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