A propos des hommes d'affaires, Keynes écrit (en substance): "Ils auraient bien aimé être des artites! des Apôtres (nom que se donnaient les penseurs de Cambrigde, parmi lesquels Russel, Wittgenstein etc.), ils auraient aimé écrire aussi bien que Virginia Wolf, mais ils n'ont pas pu: alors ils ont canalisé leur abondante libido dans les affaires". Nous qui n'avons pas la chance d'être des poètes, nous sommes au pire hommes d'affaires, au mieux économiste critique. Sauf, sauf... Orsenna! En voilà un qui fut économiste et écrivit des romans! Trève de plaisanterie: l'économie, la mienne, l'économie littéraire - celle de Keynes, d'Illich, de François Partant, de Latouche, et de beaucoup d'autres peut donner de grands plaisirs, peut être pas aussi grands que la poésie, mais grands tout de même. Et je fais un aveu: la lecture du père Marx m'a toujours réjoui. En ce moment j'ai sur mon bureau le bouquin de Michéa "L'empire du moindre mal", et je crois que je vais aimer. Un économiste peut-il aimer la littérature? Oui, absolument! Sinon, il se robotise, il n'accède pas à la dimension humaine de l'humanité. "L'homme ne sait pas tout ce qu'il sait". Seuls les écrivains peuvent l'accompagner vers ce qu'il sait. Tout ça nous éloigne du Grenelle de l'environnement, certes, mais un peu d'économie éloigne de la poésie, beaucoup en rapproche. Je persiste à croire que pour comprendre la vie des hommes en société, il ne faut pas lire des sociologues, mais...

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